Vers une réponse diplomatique pour mettre fin à la guerre commerciale

Cecilia Malmström, commissaire européenne au Commerce, a réaffirmé la volonté de l'UE d'échapper à la taxation douanière voulue par les Etats-Unis. ©REUTERS

Les négociations entre l'Europe et les Etats-Unis sur les taxations douanières de l'acier et de l'aluminium se sont révélées jusqu'alors infructueuses. Une nouvelle rencontre diplomatique a lieu ces mardi et mercredi pour tenter de régler le contentieux.

La rencontre au sujet des taxations douanières entre Cecilia Malström, commissaire européenne au Commerce, et son homologue américain Wilbur Ross est fixée. Elle a lieu ces mardi et mercredi à Washington, selon une source proche de la Commission. Après l'échec des négociations lors de précédents rendez-vous, l'Europe entend réaffirmer son désir d'être exemptée des mesures annoncées. Une opinion partagée par The European Steel Association, qui représente presque la totalité de l'industrie de l'acier en Europe.

Les premiers échanges ce lundi ont été placés sous le signe de l'apaisement. A tel point que l'Allemagne espère aboutir à une solution commune dès cette semaine. "Nous avons eu un échange préliminaire très constructif sur tous les sujets relatifs à nos liens économiques et tourné particulièrement vers l'apaisement des tensions commerciales", ont conjointement indiqué Wilbur Ross et le nouveau ministre allemand de l'Economie Peter Altmaier.

Un 'compromis' qui toutefois ne constituerait pas un accord définitif mais plutôt une exemption provisoire de l'Europe pour laisser davantage de place à la négociation. "S'agissant du contenu, nous aurons besoin de plusieurs semaines pour trouver une solution raisonnable", a précisé le ministre allemand de l'Economie.

Agir de manière collective

La visite de Cécilia Malström intervient alors que Peter Altmaier était arrivé dimanche à Washington pour rencontrer des représentants du gouvernement américain.

Le ministre allemand de l'Economie Peter Altmaier a rencontré des membres du gouvernement américain pour évoquer le dossier des taxes douanières. ©REUTERS

Dans un entretien accordé au quotidien allemand Handelsblatt, le ministre a affirmé que le président américain Donald Trump "ne parviendrait pas" à diviser les Etats-membres de l'Union européenne sur la question du commerce. L'Europe est "une union douanière et agit de manière collective. Diviser l'Europe ne peut être dans l'intérêt du gouvernement américain, et il n'y parviendra pas", a-t-il déclaré. 

Cecilia Malström a fait part de sa détermination à défendre l'exemption de l'Europe des taxes douanières et à discuter avec ses homologues. "Nous voulons travailler avec les Etats-Unis et les autres partenaires dans le monde pour nous attaquer aux racines du problème qui sont les surcapacités dans la production d'acier. Nous avons différents outils à notre disposition pour le faire. Nous sommes prêts à les renforcer et à en envisager d'autres"

"Nous voulons travailler avec les Etats-Unis et les autres partenaires dans le monde pour nous attaquer aux racines du problème qui sont les surcapacités dans la production d'acier"
Cecilia Malmström
Commissaire européenne au Commerce


De son côté, le département américain du Commerce a ouvert ce lundi le processus d'exemption des taxes douanières qu'il compte imposer sur les importations d'acier et d'aluminium. Des procédures qui "permettront à l'administration d'affiner ces droits de douane pour s'assurer qu'ils protègent notre sécurité nationale tout en minimisant l'impact excessif sur les industries américaines", a déclaré Wilbur Ross, le ministre américain du Commerce.

Le spectre d'une guerre commerciale

Les nouvelles taxes annoncées par le président américain sur l'acier et l'aluminium infligeraient un préjudice direct de 2,8 milliards d'euros aux exportateurs européens. L'Europe a d'ores et déjà envisagé la mise en place éventuelle de barrières tarifaires sur des produits américains en cas de promulgation des taxes. De son côté, Donald Trump a indiqué qu'il pourrait faire une exception pour l'Union européenne si celle-ci abandonne "ses horribles barrières et droits de douane".

Malgré les mises en garde répétées de ses partenaires commerciaux, l'UE en tête, Donald Trump campe sur ses positions. Il maintient sa volonté d'imposer des taxes de 25% sur les importations d'acier et de 10% sur celles d'aluminium. L'Allemagne est particulièrement dans le viseur de Donald Trump avec ses excédents commerciaux record.

Ces taxes, selon l'agenda politique du président américain, devraient entrer en vigueur le 23 mars, sauf pour le Mexique et le Canada. A moins que les négociations entre les deux délégations n'aboutissent d'ici là. "Il y a des contacts constants mais pour l'instant aucune décision n'a été prise par l'administration américaine", a souligné Cecilia Malmström.

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