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analyse

À droite, les candidatures se bousculent avant la présidentielle française

Valérie Pécresse et Michel Barnier, deux des favoris dans la course. ©AFP

Face au grand nombre de prétendants au scrutin suprême, le parti "Les Républicains" se divise sur le mode de désignation de son candidat.

À moins d'un an de la présidentielle, la droite française avance en ordre dispersé. Avec, déjà, pour l'heure, au moins six candidats potentiels dans les starting-blocks, et l'idée encore incertaine quant à la tenue ou pas d'une primaire en vue de les départager. Le premier à s'être déclaré, Xavier Bertrand, président de la région des Hauts-de-France, est parti en campagne dès le mois de mars, avec dès le départ, en tête l'idée qu'il ne participerait pas à la primaire de LR (Les Républicains), un parti qu'il a quitté en 2017.

Une attitude qui n'est pas sans agacer les autres candidats, tous prêts à passer par le filtre d'une primaire si celle-ci avait lieu. "La meilleure façon de tendre la main, c'est de prendre part à la règle du jeu collective", soulignait récemment la patronne de la région Ile-de-France Valérie Pécresse sur RTL, candidate depuis le 22 juillet. Prête à rentrer dans le rang, l'ancienne ministre de l'Enseignement supérieur et du Budget avait pourtant, elle aussi, choisi de quitter LR après les Européennes pour créer "Libres!", son propre mouvement. Aujourd'hui, elle n'hésite pas à revendiquer sur le plan idéologique un double héritage: à "deux tiers Merkel et un tiers Thatcher".

Cinq candidats à l'hypothétique primaire

Reste que si Xavier Bertrand et Valérie Pécresse occupent pour l'heure les premières places dans les sondages, nombreux sont les autres prétendants à sortir officiellement du bois. Parmi eux, Philippe Juvin, maire LR de La Garenne-Colombes, dans les Hauts-de-Seine en région parisienne. Chef des urgences de l'hôpital Pompidou à Paris, celui-ci se présente comme le candidat souhaitant résoudre "la paupérisation des services publics". Ou encore Michel Barnier, ancien ministre et négociateur du Brexit; Eric Ciotti, député des Alpes-Maritimes, et depuis le 31 août, l'entrepreneur Denis Payre. "Tous partagent des valeurs communes sur l'autorité, le fait de laisser une liberté au jeu économique et la nécessité de réguler l'immigration", décrypte Pascal Perrineau, professeur à Sciences Po, avant de relever des différences de sensibilités. "Une droite plus dure, celle d'Éric Ciotti, des candidats issus de la société civile comme Philippe Juvin et Denis Payre, une droite dans la tradition gaulliste incarnée par Michel Barnier et enfin une droite plus mixte quant à ses traditions et références avec Valérie Pécresse et Xavier Bertrand."

Un Congrès à l'issue incertaine

"Pour l'heure, la droite française peine à trouver son chef incontesté. Il n'y a pas de Chirac, pas de Sarkozy, pas de Juppé."
Nicolas Prissette
Expert en politique

"Pour l'heure, la droite française peine à trouver son chef incontesté. Il n'y a pas de Chirac, pas de Sarkozy, pas de Juppé", analyse Nicolas Prissette, expert en politique et fondateur du journal Fondamental. Ces ténors, divisés, savent bien qu'ils risquent de perdre toute opportunité de l'emporter face au duo Macron-Le Pen pour l'heure en tête. "C'est un jeu de poker menteur. Ce pourrait être le dernier qui craque et ne se retire pas qui, au final, pourrait être le candidat", estime Nicolas Prissette. "Xavier Bertrand a compris cette logique dès le début, en préférant faire cavalier seul."

Comment s'effectuera alors la sélection? C'est pour l'heure l'inconnue. Une large enquête a été lancée le 30 août auprès de 15.000 sympathisants en vue de faire émerger la personnalité la plus à même de se présenter. Une fois menée, les ténors du parti devraient dévoiler le 25 septembre le mode de désignation de leur candidat. Mais l'incertitude étant, un report quant à la décision du choix d'un candidat n'est guère exclu. "C'est un scénario très probable. Cela permettrait de gagner du temps s'il n'y a pas de désistements", estime Nicolas Prissette.

Le résumé

  • A quelques mois de la présidentielle, la droite française se divise sur son candidat.
  • Au moins six prétendants se bousculent, dont Xavier Bertrand, Valérie Pécresse et Michel Barnier.
  • Même la façon de les départager - l'organisation ou non d'une primaire - ne fait pas consensus.

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