Aleksandar Vucic veut s'imposer comme patron de la Serbie

Aleksandar Vucic. ©EPA

Face à une opposition faible qui présente 10 candidats, l'actuel Premier ministre, un ancien ultranationaliste de 47 ans, peut espérer l'emporter dès le premier tour des élections présidentielles.

Le Premier ministre de la Serbie Aleksandar Vucic entend endosser dimanche le costume de chef de l'Etat, au terme d'une campagne présidentielle qui a vu l'opposition crier à la dérive autoritaire du pouvoir. A en croire les sondages, l'homme fort du pays, un ancien ultranationaliste de 47 ans converti au centrisme et au rapprochement avec l'Union européenne, peut espérer l'emporter dès le premier tour face à une opposition faible qui présente 10 candidats.

Quelque 10,5% des 6,7 millions d'électeurs inscrits avaient déposé leur bulletin trois heures après l'ouverture des urnes, selon la commission électorale.

Avec Vucic, le poste de président, aujourd'hui honorifique, retrouverait l'importance qu'il avait sous Slobodan Milosevic (1989-1997) ou le libéral Boris Tadic (2004-2012), tant Aleksandar Vucic tient solidement les rênes de son pays et de son Parti du progrès (SNS) qui contrôle le Parlement. Le nouveau Premier ministre serait son obligé et son collaborateur.

Trouble-fête anticorruption

L'ultranationaliste Vojislav Seselj, qui se présente également, demande "que tout le pouvoir ne soit pas concentré dans les mains d'un seul homme, Aleksandar Vucic", Premier ministre depuis 2014. C'est un point d'accord avec les candidats pro-européens et libéraux Vuk Jeremic et Sasa Jankovic.

M. Vucic, venu voter avec sa fille peu après l'ouverture des bureaux, a qualifié de "ridicules" ces accusations de l'opposition, ajoutant: "je respecterai la Constitution de la Serbie".

L'opposition espère forcer Aleksandar Vucic à un second tour le 16 avril. A moins que ce rôle n'échoie à un amuseur public, Luka Maksimovic, qui incarne un personnage fictif et loufoque, "Beli", créé pour moquer la corruption de la politique serbe.

Dans les sondages, il est crédité comme Jeremic, Jankovic et Seselj d'environ 10% des voix, signe pour beaucoup du désarroi de l'opposition et de la déliquescence de la vie publique dans ce pays de 7,1 millions d'habitants, candidat à l'adhésion à l'Union européenne.

Si la victoire finale semble hors d'atteinte, l'enjeu est d'importance, selon le cercle de réflexion Eurasia Group: le qualifié pour un second tour, qui serait un référendum pour ou contre Vucic, "pourrait y trouver suffisamment d'élan pour s'imposer" pour la suite comme la figure de proue de l'opposition.

Lire également

Publicité
Publicité

Messages sponsorisés