Angela Merkel prépare-t-elle sa sortie?

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L’approche des élections européennes relance les spéculations en Allemagne sur une sortie prématurée d’Angela Merkel. La chancelière, qui se fait de plus en plus rare, devra remanier son gouvernement après le scrutin.

Angela Merkel se fait rare. La Chancelière, qui a annoncé ne pas se représenter à sa succession en 2021 et vouloir alors se retirer de la vie politique, semble céder pas à pas du terrain à sa dauphine. Annegret Kramp-Karrenbauer, dite AKK, avait été élue à la tête de la CDU en novembre dernier. La presse allemande spécule sur une possible démission de la Chancelière en cours de mandat pour laisser la place à AKK, sans passer par la case des élections, même si l’intéressée a pour sa part toujours assuré vouloir mener à terme son mandat.

C’est en tout cas désormais officiel, Angela Merkel n’assistera à aucun meeting de la CDU en vue des élections européennes, à l’exception du meeting de clôture aux côtés de la CSU bavaroise à Munich le 26 mai, "parce que cette rencontre réunira aussi des chefs d’État et de gouvernement". "Angela Merkel ne sera ni sur les affiches électorales ni sur les marchés", assure le secrétaire général du parti Paul Ziemiak. Elle n’interviendra pas non plus dans les campagnes en vue des régionales en ex-RDA (Saxe, Thuringe, Brandebourg) et à Brême tout au long de l’année.

Angela Merkel ne sera ni sur les affiches ni sur les marchés.
Paul Ziemiak
secrétaire général de la CDU

Officiellement, le meilleur soutien électoral qu’Angela Merkel peut apporter à son parti est "le bon travail qu’elle effectue à la tête du gouvernement". Dans les faits, les dernières interventions de la Chancelière dans le cadre de meetings électoraux, à la veille des législatives de 2017, ont surtout été perturbées par les supporters du parti d’extrême droite AfD, armés de sifflets stridents et hurlant "Merkel doit partir!" au point de rendre son discours inaudible.

"Tout cela n’est pas très sain, car la chancellerie doit rester sous le feu des projecteurs, conformément aux fonctions qui lui échoient de par la Constitution", estime au contraire le magazine Der Spiegel dans un éditorial. "Certes, on gouverne toujours depuis la chancellerie, mais ce qui s’y passe n’intéresse plus comme avant", déplore l’éditorialiste.

Remaniement en vue

Angela Merkel préparerait-elle sa sortie? Si elle semble assurer le service minimum, les apparences trompent. La pression ne ferait même que croître à la veille du scrutin européen, avec un inévitable remaniement ministériel en perspective.

La ministre de la Justice Katarina Barley, tête de liste des sociaux-démocrates, a en effet annoncé quitter Berlin pour Bruxelles. Elle pourrait ne pas être la seule à partir. Le sort de la ministre de la Famille, la sociale-démocrate Franziska Giffey accusée de plagiat dans la rédaction de sa thèse, est suspendu à l’enquête en cours de la part de son université.

La ministre de la Défense, la jadis très populaire chrétienne-démocrate Ursula von der Leyen, est confrontée depuis des mois à de forts vents contraires pour avoir fait trop souvent appel aux services de conseillers externes. Son collègue de l’Économie, le fidèle Peter Altmaier, est lui aussi sous pression, accusé d’incompétence par la fédération patronale des PME qui lui préférerait l’ultralibéral Friedrich Merz, réputé pour son hostilité envers Merkel. Altmaier pourrait donc troquer son poste berlinois pour un poste à Bruxelles, par exemple celui d’Oettinger, selon le quotidien Tagesspiegel. Du côté de la CSU, le ministre de l’Intérieur Horst Seehofer et celui du Développement Gerd Müller, semblent également menacés.

Ces spéculations se déroulent alors que selon les derniers sondages, la CDU-CSU et le SPD n’auraient plus de majorité absolue en cas d’élection. L’avenir d’Angela Merkel, de nouveau en tête des sondages de popularité, dépendra également du score réalisé par sa coalition aux élections européennes.

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