Angela Merkel réélue pour un quatrième mandat compliqué

©Gregor Fischer/dpa

Angela Merkel a été réélue ce mercredi matin chancelière d'Allemagne, un quatrième mandat qu'elle entame affaiblie et avec six mois de retard face aux défis du populisme et de la réforme de l'Union européenne. Plusieurs dossiers brûlants doivent également être gérés sans attendre, dont l’arrêt des centrales au charbon et la pollution au diesel dans les villes.

Près de six mois après les élections législatives du 24 septembre, Angela Merkel a été investie, à Berlin, Chancelière fédérale par les députés du Bundestag. Ce vote met fin à la plus longue crise politique que l’Allemagne ait connue depuis la fin de la seconde guerre mondiale, mais la cheffe de la CDU sait que son quatrième mandat consécutif ne sera pas de tout repos pour autant…

Il suffisait de voir les mines fatiguées et austères des dirigeants de la CDU/CSU et du SPD, lors de leur conférence de presse commune du 12 mars, pour comprendre que la troisième grande coalition ("GroKo") pilotée par Angela Merkel n’allait pas ressembler à un long fleuve tranquille. Olaf Scholz, le vice-chancelier social-démocrate et ministre des Finances, avait d’ailleurs, lui-même avoué que cette union n’était "pas un mariage d’amour". La cheffe du gouvernement avait répliqué que "le moment était venu de commencer enfin à travailler". Du travail, ce cabinet ne va pas en manquer. Plusieurs dossiers brûlants doivent en effet être gérés sans attendre.

 • Après la décision du tribunal de Leipzig, la plus haute juridiction administrative allemande, de permettre aux municipalités d’interdire aux vieux véhicules diesel de circuler dans leurs rues, Berlin va devoir prendre des mesures en mettant en place, par exemple, des vignettes pour signaler les émissions des automobiles ou en forçant les constructeurs à rendre moins polluantes les voitures déjà en circulation.

 • Le gouvernement doit aussi annoncer avant la fin de l’année un calendrier concernant l’arrêt des centrales à charbon, mais les experts estiment que le pays aura du mal à respecter ses engagements de réduction d’émissions de gaz à effet de serre en raison de la fin annoncée du nucléaire.

 • Angela Merkel a, par ailleurs, promis d’accroître les dépenses publiques en matière de défense afin qu’elles atteignent 2% du PIB, mais le SPD risque de s’opposer à cette hausse. Les membres de la GroKo devraient, par contre, s’entendre pour mener des mesures destinées à redonner à l’Allemagne une "voix forte" en Europe, comme l’a rappelé le 5 mars la Chancelière.

Les politologues se demandent aujourd’hui si Angela Merkel parviendra à atteindre la fin de son mandat. Son gouvernement risque en effet d’être la cible de nombreuses critiques en interne. La CDU commence déjà à préparer, en sourdine, "l’après Merkel".

Le tiers des adhérents du SPD se sont, pour leur part, prononcés lors d’un référendum interne contre la participation de leur formation à une coalition gouvernementale et ces opposants, dirigés par le président des Jeunes socialistes (Jusos) Kevin Kühnert, ont promis de ne pas relâcher la pression sur Berlin. Le désormais ex-ministre-président de Bavière, Horst Seehofer, qui hérite de l’Intérieur, va, lui, devoir tenter de satisfaire les dirigeants toujours plus conservateurs de la CSU, son parti, sans se mettre à dos ses "collègues" sociaux-démocrates. Compliqué…

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