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Annalena Baerbock briguera la succession de Merkel pour les Verts

Annalena Baerbock n'a aucune expérience du pouvoir. ©EPA

Cette juriste à la carrière politique fulgurante entend représenter un parti réconcilié et pragmatique, prêt à gouverner aux côtés des conservateurs.

Les Verts ont mis fin au suspens en désignant officiellement lundi Annalena Baerbock comme tête de liste aux législatives allemandes du 26 septembre prochain. La jeune femme s’impose face à Robert Habeck, l’autre membre de la direction bicéphale des Grünen. Juriste de 40 ans, ancienne athlète de haut niveau, Annalena Baerbock est dépourvue de toute expérience du pouvoir. Ses atouts sont la carrière fulgurante qu’elle a réalisée au sein de son parti et ses talents de rassembleuse. Elle sera la seule femme en lice à ce scrutin.

"Même la crise sanitaire n’a pas fait pâlir leur thème numéro 1, l’environnement."
Andrea Römmele
Politologue

"Le choix n’était pas facile. Annalena Baerbock comme Robert Habeck jouissent tous les deux du soutien de l’opinion publique", souligne Andrea Römmele, politologue de la Herthie School of Governance, à Berlin. "Lui est plus philosophe, elle est sans doute plus fonceuse. Elle est très appréciée chez les Verts."

Forts de 20% à 24% des intentions de vote selon les sondages, juste derrière les conservateurs (28%), les Verts ont toutes les chances de revenir au pouvoir à l’automne, au sein d’une coalition avec les conservateurs. Leur seule expérience dans un gouvernement fédéral remonte à leur alliance avec les sociaux-démocrates de Gerhard Schröder, entre 1998 et 2005. "Leurs atouts? Ils veulent à tout prix gouverner et sont prêts pour ça, ils ont une équipe de rêve, et même la crise sanitaire n’a pas fait pâlir leur thème numéro 1, l’environnement", détaille Andrea Römmele pour expliquer l’engouement autour des Verts.

Harmonie et pragmatisme

Les derniers sondages

  • CDU-CSU : 29%
  • Verts : 22%
  • SPD : 15%
  • AfD (extrême droite) : 11%
  • FDP (libéraux) : 9%
  •  Linke (Néo-communistes) 8%  

Le consensus affiché par la direction au sein du parti est un atout de plus. Là où le camp conservateur se déchire sur l’héritage d’Angela Merkel et semble même prêt à imploser, les Verts jouent l’harmonie. Finie l’époque où les "Realos" (les pragmatiques) s’opposaient aux "Fundis" (les fondamentalistes) sur toutes les questions, de l’économie à la politique étrangère en passant par le militaire.

Sous l’impulsion de l’équipe Baerbock-Habeck, qui a succédé à la génération des fondateurs formée autour de Joschka Fischer, les Verts se présentent comme des pragmatiques, soucieux de gouverner pour faire changer les choses, ambitieux de concilier économie et écologie et désireux de poursuivre les réformes sociales. "Avec ma candidature, je voudrais faire une offre à l’ensemble de la société", a déclaré Annalena Baerbock lundi.

Les Verts participent aujourd’hui à 11 des 16 gouvernements régionaux. Une alliance avec les conservateurs n’est pas leur scénario de prédilection, mais il est devenu réaliste dans l’Allemagne de l’après-Merkel. Un autre scénario, lui aussi inédit, serait une alliance avec le SPD et les libéraux du FDP.

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