Au Royaume-Uni, le Labour se fracture sur le Brexit

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La gestion du Brexit et de la question de l'antisémitisme par Jeremy Corbyn, le leader des Travaillistes britanniques, ne fait pas l'unanimité dans son parti. Sept députés travaillistes annoncent leur démission.

Le parti travailliste britannique, principale opposition au gouvernement de Theresa May, peine à maintenir son unité à l’approche du Brexit. Sept députés opposés à la ligne de son leader Jeremy Corbyn ont fait défection, lundi, sans qu’il soit encore possible de dire si le mouvement pourrait prendre de l’ampleur – le parti compte encore 241 membres du Parlement.

La défection intervient alors que le Labour a fait une percée historique lors des dernières élections et inquiète la gauche britannique. C’est une "terrible nouvelle" parce que "les partis divisés ne gagnent pas les élections", a ainsi réagi le chef du syndicat Unison, Dave Prentis. Jeremy Corbyn s’est, de son côté, dit "déçu de voir que ces députés se sentent incapables de travailler pour la politique du Labour qui a attiré des millions d’électeurs".

Brexit et antisémitisme

Les démissionnaires accusent notamment l’appareil du parti d’avoir "trahi" l’Europe. Les sept, qui siégeront désormais dans un groupe indépendant, reprochent au parti de "proposer la mise en œuvre du Brexit tel que voulu par le gouvernement actuel", et de se refuser à "laisser au peuple le dernier mot". Une partie de la classe politique britannique appelant à la convocation d’un second référendum sur la sortie de l’Union.

Pour Chuka Umunna, un temps considéré comme prétendant potentiel à sa direction, les partis traditionnels ne peuvent être la réponse au blocage parce qu’ils  "sont devenus le problème". Chris Leslie, un autre démissionnaire, estime que le Labour a été  "détourné par l’appareil politique de la gauche dure". À la contestation de la politique européenne de Corbyn et de sa ligne économique, se mêle u ne critique de ses ambiguïtés dans la lutte contre l’antisémitisme. Pour Luciana Berger, une troisième membre du groupe, le Labour est devenu institutionnellement antisémite, et le député Mike Grapes explique être  "malade de voir le Labour perçu comme un parti raciste, antisémite".

D’autres défections vers l’Independent Group pourraient venir, croit savoir la BBC, et un rapprochement avec le parti Libéral démocrate n’est pas exclu, même si une fusion est écartée.

Londres demande "de la vision"

Le ministre britannique des Affaires étrangères, Jeremy Hunt, a affirmé lundi qu’il était possible de "trouver une solution" avec l’Union européenne pour que Westminster ratifie le contrat de divorce. Cela nécessiterait selon lui "de la confiance et de la vision des deux côtés".

ette déclaration intervenait avant une rencontre entre les négociateurs en chefs Michel Barnier et Stephen Barclay, et alors que Theresa May est à nouveau attendue à Bruxelles cette semaine. À six semaines de la sortie programmée du Royaume-Uni, la Première ministre dit toujours vouloir renégocier les conditions de la sortie, avec dans le viseur le backstop irlandais.

L’Union répond à l’envi que l’accord de divorce en tant que tel, donc le backstop, n’est plus négociable, mais que la discussion peut être rouverte sur l’accord politique qui l’accompagne. On reste au point mort. 

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