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reportage

Baerbock et Scholz, deux candidats pour une même circonscription

Annalena Baerbonck, des Verts, et Olaf Scholz, de la CDU, se présentent tous deux à Berlin. ©REUTERS

Annalena Baerbock et Olaf Scholz pourraient faire alliance après les élections. En attendant, ils se présentent dans la même circonscription des environs de Berlin.

L’orchestre de jazz joue en bordure d’un parc de Teltow lorsque débouche au coin de la rue celle que tout le monde attend. Annalena Baerbock, la candidate des Verts pour succéder à Angela Merkel, sourit depuis la carrosserie du gigantesque bus vert qui se fraye difficilement son chemin dans les rues étroites.

Annalena Baerbock, la candidate des Verts, en campagne à Berlin. ©AFP

Ce soir-là, elle est en campagne dans sa circonscription, une banlieue aisée du sud-ouest de Berlin qui a connu une incroyable poussée démographique avec l’arrivée, depuis la chute du Mur, de nombreux Berlinois à la recherche d’un bout de jardin.

Pantalon rouge vif, blouson de cuir, la candidate aux allures de star se dirige d’un pas assuré vers le petit podium dressé à moins d’un mètre du public. "Ici c’est ma circonscription, alors on va faire les choses de façon beaucoup plus cosy qu’à Munich ou Stuttgart. Ce soir, c’est un format de discussion avec les citoyens. Et vous allez me faire part de vos préoccupations ", explique la candidate, avant de se lancer dans un court plaidoyer pour le climat, une politique familiale digne de ce nom, davantage de justice sociale.

"Je veux que les enfants obtiennent davantage de droits."
Annalena Baerbock
Candidate des Verts

L'empathie comme atout électoral

Les questions fusent. Une équipe de caméra qui écarte un enfant pour accéder au premier rang est remise en place sans ménagement par la candidate qui tend son micro au jeune garçon. "Je veux que les enfants obtiennent davantage de droits, l’une de mes revendications est qu’ils puissent choisir chez quel parent ils veulent vivre en cas de séparation de leurs parents", assène Baerbock, avant de glisser vers l’Afghanistan, en réponse à une lycéenne arrivée en Allemagne en 2015 parmi les réfugiés, et sans nouvelle de sa tante militante féministe depuis l’arrivée des Taliban à Kaboul.

La jeune fille essuie ses larmes. La candidate la prend dans ses bras… L’empathie, assurent les sondages, est l’un des points forts d’Annalena Baerbock. Le public -une petite centaine de personnes de tous âges - applaudit. "Oui, elle m’a convaincue, explique Heike, fonctionnaire d’une cinquantaine d’année. Elle souffle un vent de fraîcheur, elle s’intéresse au climat, aux problèmes des jeunes."

L'alternative à la CDU

Même orchestre de jazz, même banlieue aisée… C’est à Klein-Marchnow, à quelques kilomètres de Teltow, qu’Olaf Scholz se rend à la rencontre de ses administrés quelques jours plus tard. Un petit podium a été installé sur la place de la mairie. Le public est plus nombreux, mais aussi plus critique.

Olaf Scholz, ministre des Finances et vice-chancelier allemand. ©AFP

Pour la soirée, Scholz a tombé la cravate. Il rappelle les points forts de son programme: la hausse du salaire minimum à 12 euros de l’heure, les hausses d’impôts pour les plus riches, la nécessité de construire davantage de logements sociaux, le maintien du niveau des retraites, son engagement pour l’emploi, le climat…

Les questions fusent. Un homme veut savoir pourquoi l’État accepte les hausses de prix annoncés par BioNTech-Pfizer pour le vaccin anti-covid, malgré les bénéfices colossaux enregistrés par les deux entreprises. Une mère de famille est favorable au vote à 16 ans. Un troisième trouve le programme du SPD trop peu ambitieux pour le climat.

De débat télévisé en meeting électoral, Scholz et Baerbock ne cachent pas, en tout cas, leur souhait de former une coalition ensemble.

Dans le public, de nombreux électeurs d’Angela Merkel, déçus par le candidat de la CDU Armin Laschet. Comme Katleen. Pour la première fois de sa vie, elle a voté SPD, par correspondance. Un soutien du bout des lèvres, avec l’espoir que le SPD, s’il arrive en tête, s’alliera avec les Verts et les Libéraux, "mais surtout pas avec les néo-communistes de die Linke". 

De débat télévisé en meeting électoral, Scholz et Baerbock ne cachent pas, en tout cas, leur souhait de former une coalition ensemble, au lendemain du vote.

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