Dix pays à suivre, de la percée verte en Allemagne à la victoire brune en France

Marine Le Pen ©REUTERS

Voictoire de l'extrême-droite en Italie et en France, percée des Verts en Allemagne... L'élection de l'europarlement envoie un signal politique fort au sein de plusieurs États membres - au point de rebattre les rapports de force dans certains cas. Suivez ici les résultats dans dix pays.

Le Rassemblement national de Marine Le Pen devant la liste Renaissance d'Emmanuel Macron, l'extrême-droite italienne loin devant le Mouvement 5 étoiles, l'Espagne épargnée par la poussée de fièvre nationaliste... Le tour des estimations par pays pour une élection au cours de laquelle plus de 50% des électeurs se sont déplacés aux urnes (8 points de plus qu'en 2014).

FRANCE

(74 députés sur 751)

Le Rassemblement national (ex-FN) de Marine Le Pen est parti pour envoyer plus d’élus que la liste Renaissance du président Macron. Le parti présidentiel gagne rarement les élections européennes, les Français ayant tendance à se servir d'un scrutin considéré à tort comme "secondaire" comme d'un exutoire, et les sondages de sortie des urnes semblent confirmer que ce scrutin ne fera pas exception: le Rassemblement national gagnerait de 22 sièges, au coude-à-coude avec le parti d'Emmanuel Macron La République en marche, qui serait à 21 sièges.

En 2014 le Front national obtenait 24 sièges. Transformé en cours de mandat en Rassemblement national, le parti de Marine le Pen est tombé à 14 sièges. Il opère donc une remontée, sans toutefois réitérer le score qu'avait fait le FN il y a cinq ans.

Le scrutin confirme le désamour pour les partis traditionnels. La droite classique formée par Les Républicains tomberait de 20 sièges à 7. Les socialistes étaient à 12 sièges, ils tomberaient à 5. Les mouvements centristes avaient plafonné à 7 sièges alors que La République en marche d'Emmanuel Macron n'existait pas encore.

ALLEMAGNE

(96 députés sur 751)

La co-présidente du groupe des verts au Parlement européen, Ska Keller. ©EPA

Selon une première projection, les Verts deviendraient le deuxième parti, avec 22 sièges, une dizaine de plus que lors du dernier scrutin européen. Il seraient derrière le bloc conservateur de la CDU/CSU d'Angela Merkel, crédité de 29 sièges alors qu'il en disposait jusqu'à aujourd'hui de 34.

Les socialistes paieraient cher le prix de leur participation au gouvernement, subissant une lourde défaite, tombant de 27 à 16 sièges. A contrario, le parti d'extrême-droite AfD, qui n'avait qu'un siège au cours de la législature sortante, est crédité de 11 sièges.

PAYS-BAS

(26 députés sur 751)

Frans Timmermans, candidat socialiste à la présidence de la Commission, votait pour les européennes jeudi. ©ANP

Les Néerlandais, qui ont voté jeudi, ont apporté la première surprise du scrutin, en offrant une victoire inattendue aux travaillistes de Frans Timmermans (PvdA). Il bat le parti libéral VVD du Premier ministre Mark Rutte et la formation d’extrême droite de Thierry Baudet PVV.

Si les socialistes, avec 5 sièges annoncés contre 3 aujourd'hui, devenaient le premier parti, le plus grand contingent néerlandais au Parlement irait au groupe libéral européen, alors que VVD et D66 qui récolteraient ensembe 6 sièges (contre 7 aujourd'hui). Les conservateurs tomberaient à 4 (5 aujourd'hui), tandis qu'à leur droite, les eurosceptiques du SGP monteraient à 5 sièges. L'extrême-droite tomberait de 4 à 1 siège.

ITALIE

(73 députés sur 751)

Matteo Salvini ©AFP

C'est en Italie qu'ont fermé les derniers bureaux de vote européens, à 23h, marquant le feu vert pour la publication des premiers résultats officiels à travers l'Union. Les Italiens auront offert la victoire à l'extrême-droite.

La Ligue de Matteo Salvini a largement remporté le scrutin : elle est créditée de 28% des voix et de 24 sièges. Loin devant le Mouvement 5 étoiles avec lequel elle gouverne et qui deviendrait troisième parti, avec 20% et 17 sièges. Au profit du Parti démocrate (gauche), qui devrait prendre la seconde position.

La coalition populiste va-t-elle survivre au scrutin? "En ce qui me concerne, rien ne doit changer au niveau national", a réagi le leader de l'extrême-droite.

AUTRICHE

(18 députés sur 751)

Le chacelier conservateur Sebastian Kurz à sa sortie du bureau de vote. ©EPA

L'éclatement de la coalition entre droite et extrême-droite à une semaine du scrutin n'a pas pesé sur les résultats du parti du chancelier Kurz : avec 34,9% des voix selon les estimations, l'Österreichische Volkspartei (ÖVP) est crédité de de 7 sièges alors qu'il n'en disposait au cours de la législature sortante que de 5. L'extrême-droite du FPÖ tomberait à 17% et 3 sièges, alors qu'elle en dispose pour l'instant de 4. Les socialistes se maintiendraient, tandis que les verts tomberaient de 3 à 2 sièges.

Le chancelier ÖVP Sebastian Kurtz faisait face à un vote de défiance ce lundi, dans la foulée de l'"Ibizagate", scandale qui a poussé à la démission les ministres FPÖ de son gouvernement.

ROYAUME-UNI

(71 députés sur 751)

Nigel Farage, ici en la campagne, le 21 mai. ©AFP

Le plus étrange des scrutins a sans conteste eu lieu au Royaume-Uni, qui a voté jeudi alors que la date butoir du Brexit est fixée au 31 octobre. Le mandat des Britanniques élus cessera à la sortie du pays de l'Union. Les présultats partiels donnent le parti europhobe de Nigel Farage (Brexit Party) largement en tête, avec 31% et 29 sièges.

La Première ministre Theresa May avait attendu le scrutin avant d'annoncer sa démission, ce qu'elle fit vendredi: le parti conservateur tomberait à 4 sièges, ce qui en ferait le cinquième parti. Les libéraux monteraient à 16 sièges, devant les travaillistes, à 10.

ESPAGNE

(53 députés sur 751)

Le Premier ministre espagnol Pedro Sanchez votait à Pozuelo de Alorcon, près de Madrid. ©AFP

Les Espagnols n'ont pas soufflé dans les voiles de l'extrême-droite, alors que ce scrutin européen se combinait chez eux aux régionales et aux communales et se présentait comme un "second tour" après les législatives d'avril.

Elles avaient renforcé le parti socialiste de Pedro Sanchez, il n'y avait pas de raison qu'il en soit autrement un mois après : les socialistes sont crédités de près de 33% et 20 sièges, loin devant les conservateurs (12) et les libéraux (8).

POLOGNE

(51 sièges sur 751)

Le parti de droite populiste et eurosceptique PiS a largement remporté le scrutin, crédité de 42% des voix et 21 sièges. La coalition de droite plus modérée affiliée au Parti populaire européen la suivrait avec 18 sièges (contre 22 pour le Parlement sortant), très loin devant les autres formations.

HONGRIE

(21 députés sur 751)

Viktor Orban ©REUTERS

La performance du parti de Viktor Orban, à l'extrême droite du grand Parti populaire européen (PPE), dont il vient d'être suspendu, était également regardée de près. Le parti, en coalition avec le parti populaire démocrate-chrétien KDNP, aurait remporté 52% et 13 sièges - très loin derrière les socialistes, à 16% et 5 sièges. 

Après la suspension, le PPE va-t-il vouloir conserver en son sein ce gros pourvoyeurs de voix malgré les dérives du régime?  

GRÈCE

(21 députés sur 751)

En Grèce, la droite reprend la main sur la gauche d'Alexis Tsipras. La Nouvelle Démocratie est créditée de 33% et 8 sièges, ce qui en ferait le premier parti - avec trois sièges de plus qu'au scrutin de 2014.

Le parti de gauche radicale au gouvernement Syriza obtiendrait 7 sièges, soit un de plus que dans le parlement sortant. C'est néanmoins une défaite pour Alexis Tsipras, qui a appelé la convocation d'élections législatives anticipées.

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