Duda, populiste et anti-LGBT, vise un second mandat à la présidence de la Pologne

Le président polonais Andrzej Duda, nationaliste et conservateur, livrera un duel contre Rafal Trzaskowski, libéral et europhile, lors de la présidentielle. ©AFP

Le président polonais Andrzej Duda, qui s'est fait remarquer par sa rhétorique anti-LGBT, tentera dimanche de renouveler son mandat de cinq ans face au libéral Rafal Trzaskowski.

La Pologne s'apprête à élire son président de la République ce dimanche, lors du premier tour de la présidentielle. L'élection, prévue en mai, avait été reportée en raison de la crise du coronavirus.

Le président polonais sortant, Andrzej Duda, tentera de convaincre les électeurs de renouveler son mandat de cinq ans. Depuis 2015, la Pologne est dirigée par le parti Droit et Justice (PiS, droite). Son fondateur, Lech Kaczynski, avait été élu président en 2005 jusqu'à sa mort, lors d'un accident d'avion en 2010.

Droit et Justice incarne une droite nationaliste et conservatrice, qui oppose souvent la Pologne aux décisions de l'Union européenne (UE), sans pour autant remettre en cause sa qualité d'État membre.

Ces cinq dernières années, la Pologne a défié l'UE en adoptant des lois qui augmentent le contrôle du gouvernement sur le pouvoir judiciaire. Ces réformes font l'objet de quatre procédures d'infractions lancées par la Commission. Le Parlement européen réclame l'activation de la procédure de sanction pour violation de l'État de droit, prévue à l'article 7 du Traité.

Le contrôle du gouvernement polonais sur les médias publics est aussi au coeur du bras de fer entre l'Europe et la Pologne.  

Discriminations

La campagne a connu un revirement important suite à la pandémie de coronavirus et, surtout, l'émergence du libéral Rafal Trzaskowski (Plateforme civique), le seul rival sérieux d'Andrzej Duda. 

Rafal Trzaskowski, maire de Varsovie, s'engage à reconstruire les relations entre la Pologne et l'UE. Il s'érige aussi en défenseur de la communauté LGBT, pour laquelle il veut déposer de lois de non-discrimination.

En Pologne, la communauté LGBT est de plus en plus stigmatisée depuis l'arrivée du PiS au pouvoir. L'an dernier, la Cour constitutionnelle, sous contrôle du PiS, a autorisé les commerçants à refuser les clients homosexuels au nom de leur conviction religieuse. Plusieurs localités polonaises ont créé des "zones anti-LGBT" où les services privés peuvent être refusés aux homosexuels.

"On essaie de nous faire croire qu'il s'agit de gens alors que c'est simplement une idéologie" (à propos des LGBT)
Andrzej Duda
Président de la Pologne

Ces derniers jours, Andrzej Duda a tenté de rassembler les forces conservatrices par une rhétorique anti-LGBT, en s'opposant au mariage gay, toujours interdit en Pologne, et en comparant la "nouvelle idéologie LGBT" à "une sorte de néo-bolchévisme". "On essaie de nous faire croire qu'il s'agit de gens alors que c'est simplement une idéologie", a-t-il déclaré lors d'un meeting.

Le président Duda a également promis de défendre des acquis sociaux apportés par le PiS, une allocation pour enfant et la revalorisation des retraites. Catholique conservateur, il entend aussi durcir la loi polonaise anti-avortement. Une des plus strictes d'Europe.

Rencontre avec Trump

Le président polonais a été reçu mercredi dernier par le président des États-Unis, Donald Trump. C'était la première visite officielle d'un chef d'État à la Maison-Blanche depuis le début de la crise du coronavirus. Le président américain l'a félicité pour son "travail formidable".

Lors de cette visite, conçue comme le point d'orgue de la campagne d'Andrzej Duda, le président Trump a évoqué son intention de déplacer en Pologne environ 10.000 soldats américains qu'il compte retirer d'Allemagne. La promesse est toutefois restée vague, Donald Trump précisant qu'il enverrait "probablement" ces soldats en Pologne.

Au coude-à-coude

Les derniers sondages donnent Andrzej Duda (40%) vainqueur au premier tour, Rafal Trzaskowski (30%) arrivant en deuxième position. Par contre, les deux candidats affichent un score partagé (50-50) au second tour.

Lire également

Publicité
Publicité

Messages sponsorisés