En France, les verts espèrent rafler plusieurs grandes villes

Emmanuel Macron risque de faire les frais des municipales. ©AFP

Défaite annoncée pour les macronistes, fin de certaines baronnies et surtout déferlante possible pour les écologistes. Telles sont les tendances attendues pour les municipales françaises.

À année exceptionnelle, élections exceptionnelles. Alors que se sont écoulées près de 15 semaines depuis le premier tour des municipales en France, le second round aura lieu ce dimanche 28 juin dans une ambiance encore troublée par la crise sanitaire.

Contraints par des mesures de distanciation sociale, les candidats - tous masqués - ont dû se passer de meetings en mode physique et limiter les poignées de main sur les marchés. Ce contexte accentuera-t-il l'abstention ? C'est à craindre. En effet, alors que la pandémie reste en toile de fond et que les priorités peuvent sembler ailleurs, nombre d'électeurs pourraient renoncer à se déplacer aux urnes ce dimanche.

D'après certains sondages, la participation pourrait ne pas dépasser 38% dans les communes non pourvues au premier tour, contre 41,8% le 15 mars. Au premier tour déjà, moins de la moitié des Français inscrits sur les listes électorales étaient allés aux urnes.

Une participation qui fera la différence

Pour nombre de villes, où les jeux sont très serrés, cette faible participation risque de rebattre les cartes. À Strasbourg, Toulouse ou encore Lille, par exemple, les candidats évoluent dans un mouchoir de poche.

Dans la métropole nordiste, Martine Aubry, maire socialiste sortante, avec déjà trois mandats à son actif, est au coude-à-coude avec son opposant vert Stéphane Baly. "Ce niveau d'incertitude ne s'est jamais vu à Lille", selon Frédéric Dabi, directeur général adjoint de l'IFOP.

Dans la capitale alsacienne, bastion historique de la gauche, un basculement est également plausible. Faute d'alliance avec les verts (arrivés en tête au premier tour), les socialistes sont à la fois menacés par le front constitué entre la droite et les macronistes (La République en Marche) et les écologistes.

Car dans bien des endroits, la vague verte gagne du terrain. Dans une dizaine de villes de plus de 100.000 habitants, les écologistes - qui pour l'heure, dans cette catégorie, ne dirigent que Grenoble depuis 2014 - ont toutes les chances de peser dans de nombreuses villes. "Si Lyon, Marseille, Toulouse, Grenoble, Tour, Metz, Besançon et d'autres villes deviennent écologistes, ça veut dire que nous réussissons à rassembler très largement autour du projet fort de l'écologie", s'est félicité l'eurodéputé Yannick Jadot.

Edouard Philippe au Havre

Au Havre, le refus des communistes de fusionner avec les écologistes va sans doute renforcer la candidature du Premier ministre Edouard Philippe. En effet, le locataire de Matignon s'est représenté dans cette cité portuaire qu'il a déjà dirigée, et ce alors qu'Emmanuel Macron envisage un vaste remaniement ministériel début juillet.

Emmanuel Macron envisage un vaste remaniement ministériel début juillet.

S'il est reconduit, le chef de l'exécutif choisira vraisemblablement de rester à Matignon, tandis que, s'il ne l'est pas, la ville normande pourrait constituer un point de chute pour ce dernier. "Je serai de retour au Havre. Au plus tard en mai 2022, mais peut-être beaucoup plus tôt", a d'ailleurs fait valoir Edouard Philippe le 16 juin dans les colonnes de Paris-Normandie.

Pour l'heure, un sondage IFOP, publié le 11 juin, le donne gagnant ce dimanche avec 53% des voix contre 47% pour son adversaire communiste. Au-delà de ces rares succès attendus, le parti présidentiel, du fait de sa faible implantation locale, fait profil bas, voire très bas, dans ce scrutin. S'agira-t-il d'un test probant avant les présidentielles de 2022? Nombre d'experts se gardent bien de tirer de cet échec annoncé des conclusions aussi hâtives.

"Je serai de retour au Havre. Au plus tard en mai 2022, mais peut-être beaucoup plus tôt."
Edouard Philippe
Premier ministre français

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