En route vers une coalition de gauche en Espagne

Pablo Iglesias, chef de file de Podemos ©EPA

Le chef du parti de gauche radicale espagnol Podemos, Pablo Iglesias, a proposé vendredi la formation d’un gouvernement avec le Parti socialiste, rapprochant la gauche du pouvoir, un mois après les législatives en Espagne.

Pablo Iglesias, chef de file du parti anti-austérité Podemos, a proposé formellement, vendredi 22 janvier, un pacte au parti socialiste (PSOE) pour constituer un gouvernement de gauche qui permettrait ainsi à l’Espagne de sortir de l’impasse politique dans laquelle l’ont plongée les élections du 20 décembre dernier.

Pedro Sanchez, le président des socialistes espagnols ©AFP

Pedro Sanchez, le leader du PSOE, viendrait ainsi à remplacer l’actuel Premier ministre, le conservateur Mariano Rajoy, et Pablo Iglesias occuperait le poste de vice-Premier ministre. Le gouvernement compterait également avec les écolos-communistes de la Gauche Unie (IU).

C’est au roi Felipe VI que le chef de Podemos a fait part de sa proposition, pour "éviter les filtrations et les rumeurs". Le monarque, d’après Pablo Iglesias, aurait trouvé l’idée "raisonnable". Felipe VI s’est réuni pendant toute cette semaine avec les responsables de diverses formations, comme après chaque élection.

"Si le PSOE le souhaite, il peut y avoir un gouvernement de changement."
Pablo Iglesias
Chef de file de Podemos

"Si le PSOE le souhaite, il peut y avoir un gouvernement de changement. Il n’y a pas de demi-teintes qui tiennent: ou c’est le changement ou c’est l’immobilisme. Je suis disposé à travailler avec Sánchez et avec Garzón", a insisté le chef de file de Podemos, faisant référence à Alberto Garzón, le leader de la coalition Gauche Unie.

Les socialistes pris de court

Les propos de Pablo Iglesias ont pris de court les socialistes. Bien qu’ayant manifesté leur intérêt à former une alliance avec Podemos, le PSOE n’avait pas encore formalisé son offre. Pedro Sanchez, pour sa part, s’est limité à répéter qu’il était prêt à former un gouvernement "progressiste et réformiste" avec Podemos. "Les électeurs ne comprendraient pas que Pablo et moi n’arrivions pas à nous entendre", a déclaré le leader socialiste.

Les élections législatives du 20 décembre ont laissé un Parlement extrêmement fragmenté: le Parti populaire, au pouvoir depuis 2011, a remporté le scrutin mais avec seulement 28,7% des suffrages (123 sièges). Il lui est impossible de former seul un gouvernement et aucune autre force ne pense le soutenir. Face à lui s’alignent le Parti socialiste (22% des voix et 90 sièges) et Podemos et ses alliés (20,6%, 65 députés), ainsi qu’Izquierda Unida (deux députés).

Une éventuelle coalition de gauche aurait besoin du soutien tacite ou tout du moins l’abstention du parti de centre droit Ciudadanos (13,9% de voix, 40 sièges).

Mesures d’urgence

Ces derniers jours, Podemos et les socialistes ont rapproché leurs positions. La célébration d’un éventuel référendum d’autodétermination en Catalogne – que Podemos soutient et que le PSOE rejette formellement – reste toutefois un obstacle majeur.

Il faudra "réduire le déficit à un rythme plus lent".
Pablo Iglesias
Chef de file de Podemos

Vendredi, Pablo Iglesias a esquissé les grandes lignes des premières actions d’un gouvernement de coalition, à savoir "des mesures d’urgence pour les cent premiers jours" face aux expulsions immobilières et pour aider les "milliers de chômeurs sans prestations". Pablo Iglesias a précisé que l’Espagne honorerait sa dette, mais qu’il faudrait "réduire le déficit à un rythme plus lent". Podemos a lancé sur le réseau social Twitter #GobiernoParaCambiar ("gouvernement pour changer") pour suivre et commenter les évolutions de la proposition.

Rajoy renonce... pour l'instant

Le chef du gouvernement espagnol sortant, le conservateur Mariano Rajoy, a renoncé vendredi à tenter de former un gouvernement dans l'immédiat, faute de soutien au congrès des députés, un mois après avoir perdu sa majorité absolue, à l'issue des législatives. "Je maintiens ma candidature mais je ne peux pas la présenter aujourd'hui parce que non seulement je n'ai pas la majorité mais il y a une majorité contre moi".

Le dirigeant conservateur avait proposé de former un gouvernement à trois, avec le Parti socialiste (PSOE) et avec le nouveau parti libéral Ciudadanos. Pedro Sanchez (PSOE) avait repoussé catégoriquement sa proposition. 

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