Erdogan perd le contrôle d'Istanbul et Ankara

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Le président turc Recep Tayyip Erdogan essuie un camouflet sans précédent. Son parti, celui de la justice et du développement (AKP), a perdu le contrôle d'Ankara et d'Istanbul lors des élections municipales de dimanche.

Le président turc Recep Tayyip Erdogan a essuyé un revers inédit en 16 ans de pouvoir, selon les résultats partiels. Il vient de perdre le contrôle de la capitale Ankara et d'Istanbul, coeur économique et démographique du pays.

Sous la menace d'un vote sanction lors de cette élection qu'il a présentée comme vitale pour la "survie de la nation",  Erdogan a pesé de tout son poids dans la campagne, tenant plus de 100 meetings en moins de deux mois.

  • A Istanbul
©AFP

 A Istanbul, la course est extrêmement serrée, au point que les deux candidats se sont déclarés vainqueur dimanche soir. Mais le président du Haut-comité électoral (YSK), Sadi Güven, a déclaré que les résultats partiels montraient le candidat de l'opposition à Istanbul, Ekrem Imamoglu, en tête, avec près de 28.000 voix d'avance. Güven a toutefois souligné que des recours étaient en cours d'examen pour un peu plus de 80 urnes.

  • A Ankara

Erdogan a essuyé un autre revers cinglant avec la perte de la capitale Ankara, que l'AKP et ses prédécesseurs islamistes contrôlaient depuis 25 ans. Selon Anadolu, le candidat de l'opposition Mansur Yavas y a battu le candidat de l'AKP Mehmet Ozhaseki, avec 50,9% des voix contre 47% après dépouillement de 99% des urnes.

Signe toutefois qu'il ne laissera pas lui échapper les deux principales villes du pays sans coup férir, l'AKP a annoncé dans la nuit de dimanche à lundi qu'il déposerait des recours pour réexaminer la validité de dizaines de milliers de bulletins considérés comme nuls.

Le vrai enjeu?
L'économie...

Pour nombre d'électeurs rencontrés par l'AFP dans les bureaux de vote à Istanbul et Ankara, le sujet numéro un de ces élections était l'économie. Alors que l'AKP s'est appuyé sur une forte croissance pour engranger les victoires électorales depuis 2002, il a dû, cette fois-ci, composer avec la première récession en 10 ans, une inflation record et un chômage en hausse.

Rappelant qu'aucune élection n'était prévue avant 2023, M. Erdogan a affirmé dimanche qu'il allait s'atteler aux "réformes économiques".

 

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