Giuseppe Conte renonce à être Premier ministre

Le chef du gouvernement désigné, Giuseppe Conte. ©Photo News

Près de trois mois après les élections, le chef du gouvernement désigné, Giuseppe Conte, n'est pas parvenu à imposer son équipe, faute d'accord sur le nom du ministre des Finances. Il renonce donc à être Premier ministre, annonce dimanche soir la présidence italienne.

L'impasse politique restait totale dimanche en Italie où le chef du gouvernement désigné, Giuseppe Conte, n'est pas parvenu à imposer son équipe, près de trois mois après les élections, faute d'accord sur le nom du ministre des Finances. L'homme a donc décidé de renoncer 

→ Quelles solutions reste-il au pays? Deux scénarios sont possibles:

  1. la formation d'un gouvernement technique par le président, Sergio Mattarella, mais qui risque de ne pas avoir la faveur du Parlement.
  2. de nouvelles élections, à organiser dans quelques mois.

Plus tôt dans la journée, les populistes italiens d'un côté, et le président Sergio Mattarella de l'autre, restaient arc-boutés sur leurs positions, et rien n'indiquait qu'une solution pourra être trouvée d'ici la réouverture des marchés lundi matin.

Objet de ce bras de fer: le refus du président Mattarella de nommer Paolo Savona, 81 ans et eurosceptique déclaré, à la tête du ministère des Finances. Le chef de l'Etat en Italie nomme le président du Conseil et les ministres sur proposition de ce dernier.

Ce refus scandalisait Matteo Salvini, le patron de la Ligue (extrême droite), qui avec Luigi Di Maio, chef de file du Mouvement Cinq Etoiles (M5S, antisystème), ont porté M. Conte à la présidence du Conseil. Et il n'étaitpas prêt à céder, quitte à "tout faire sauter" et à retourner devant les électeurs, fort de son ascension dans les sondages.

Soit le gouvernement commence à travailler dans les prochaines heures, soit il vaut mieux retourner voter et prendre la majorité absolue
Matteo Salvini
Patron de la Ligue

"Soit le gouvernement commence à travailler dans les prochaines heures, soit il vaut mieux retourner voter et prendre la majorité absolue", avait-t-il lancé samedi soir, devant ses partisans près de Bergame (nord). Et sur ce point, il est soutenu par M. Di Maio. "Nous avons déjà perdu trop de temps, ou on boucle dans les 24 heures (...) ou on laisse tomber", a-t-il déclaré samedi soir lors d'un meeting de son mouvement à Terni (centre).

Dimanche, Matteo Salvini a enfoncé le clou sur Twitter, son mode de communication préféré avec Facebook : "moi jusqu'à la fin, je ne me rends pas!"

Cette détermination ne semblait pas toutefois ébranler le chef de l'Etat pour qui, il en va de la défense de la Constitution et des prérogatives du président.

Déjà peu convaincu de l'autorité de M. Conte face aux poids-lourds politiques qui composeront son équipe, M. Mattarella, garant du respect des traités internationaux, tient aussi à ce que l'Italie respecte ses engagements européens.

Complot des élites

Au risque de donner des armes aux populistes, qui dénoncent déjà le complot des élites pour les empêcher de gouverner. "Restez à nos côtés, nous avons des gens contre nous dans les étages supérieurs, mais tellement d'autres qui nous soutiennent", a ainsi averti M. Di Maio devant ses partisans..

Rien de quoi rassurer les marchés financiers qui se sont montrés déjà nerveux la semaine dernière. Vendredi, la Bourse de Milan avait terminé une nouvelle fois en baisse, à -1,54%. Quant au spread, l'écart entre les taux d'emprunt à dix ans allemand et italien, il avait atteint dans l'après-midi 217 points, son plus haut depuis décembre 2013, avant de clôturer à 206 points.

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