analyse

"Il y aura un budget de la zone euro" (Merkel)

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Les dirigeants européens ont approuvé vendredi une réforme de la zone euro prévoyant la création d'un budget de la zone euro. Le projet, une première pour l'Union européenne, est inférieur aux attentes du président français Emmanuel Macron.

Les Vingt-Sept ont validé ce vendredi la réforme de la zone euro, fruit d'un compromis négocié début décembre entre les grands argentiers européens.

Le paquet de mesures est moins substantiel que le souhaitait le président français Emmanuel Macron. Il comporte toutefois un projet de budget de la zone euro, certes modestes, mais c'est une première dans l'histoire européenne, et un renforcement du Mécanisme européen de stabilité (MES).

Compétitivité et convergence

"Nous avons parlé d'un instrument qui sera un budget de la zone euro", a confié la chancelière allemande Angela Merkel après le sommet, "il y a aura un budget de la zone euro pour lequel les ministres des Finances doivent trouver un terrain d'entente, son objectif sera de renforcer la compétitivité et la convergence dans la zone euro".

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Les dirigeants européens ont trouvé "un accord sur une partie des propositions du président Macron", a précisé la chancelière allemande. Les ministres des Finances ont été chargés de définir les caractéristiques de ce budget pour juin 2019.

Il s'agira, en réalité, d'un "mini-budget" propre aux 19 pays qui ont adopté l'euro. Les Pays-Bas et d'autres Etats se sont opposés à la création d'un véritable budget ayant une fonction stabilisatrice, comme le souhaite Emmanuel Macron, permettant de soutenir directement les Etats touchés par une crise économique. La Commission proposait notamment d'affecter à ce budget une réserve de 50 milliards d'euros pour soutenir les réformes structurelles des Etats et les aider à résister aux chocs économiques, mais cette proposition n'a pas été retenue. 

"La France continue à considérer qu'il est important également d'avoir une fonction de stabilisation"
Emmanuel Macron
Président de la République française

Le président Macron ne lâche rien. "La France continue à considérer qu'il est important également d'avoir une fonction de stabilisation", a-t-il affirmé après le sommet de la zone euro, "il n'y a pas de consensus aujourd'hui sur cette fonction-là, pour autant je n'abandonne ni l'idée ni la volonté".

Mécanisme européen de stabilité

Les dirigeants européens se sont mieux entendus sur le renforcement du MES, une institution chargée de lever des fonds sur les marchés pour soutenir l'économie des pays en difficulté.

Le champ d'action du MES sera élargi. Créé pour aider les Etat au bord de la faillite, comme ce fut le cas de la Grèce, ce fonds aidera désormais les Etats en bonne situation économique, mais éprouvant des problèmes de liquidités. 

Par ailleurs, le Fonds de résolution unique, un dispositif de réserves en cas de faillite d'un établissement bancaire, pourrait avoir recours au MES afin d'obtenir des prêts supplémentaires en cas de crise. Ce fonds alimenté par les banques, qui devrait atteindre 55 milliards en 2024, se verra octroyer une ligne de crédit de maximum 60 milliards d'euros au cas où il serait épuisé. 

L'Allemagne continue, par contre, à s'opposer au système européen de garantie des dépôts. Un tel mécanisme permettrait d'éviter les mouvements de panique en cas de crise. Mais l'Allemagne ne veut pas, en l'état, que ses épargnants soient soumis au risque d'autres économies moins performantes. 

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