L'Europe condamne l'opération militaire turque

©BELGA/AFP

L'Union européenne a condamné l'opération militaire turque dans le nord de la Syrie et prépare des sanctions contre les forages illégaux réalisés par la Turquie au large de Chypre, ont annoncé les ministres des Affaires étrangères dans une déclaration.

Les ministres des Affaires étrangères de l'UE ont condamné l'action militaire de la Turquie "qui compromet gravement la stabilité et la sécurité de l'ensemble de la région". Ils ont aussi répété la demande européenne à la Turquie de mettre un terme à son action militaire dans le nord-est de la Syrie.

L'UE a également convenu d'adopter des "mesures restrictives visant les personnes physiques et morales responsables ou impliquées dans des activités illégales de forage d'hydrocarbures en Méditerranée orientale", peut-on lire dans les déclarations adoptées par les ministres à Luxembourg. L'Europe vise plus particulièrement les forages gaziers turcs dans les eaux territoriales de Chypre. 


Pas d'embargo sur les armes

Les Etats membres de l'UE ne sont en revanche pas parvenus à imposer un embargo sur les ventes d'armes à la Turquie en raison de l'opposition du Royaume-Uni. Ils se sont simplement engagés à "adopter des positions nationales fermes concernant leur politique d'exportation d'armements vers la Turquie", précise la déclaration. Le fait que la Turquie soit membre de l'Otan a été avancé comme argument par le Royaume-Uni pour refuser l'embargo. 

Les conclusions renvoient donc essentiellement les Etats membres face à leurs responsabilités. Le Conseil de l'UE rappelle ainsi sa "position commune" de 2008, définissant des règles communes autour du contrôle des exportations d'armes, et notamment des critères devant servir aux évaluations des demandes d'exportation. Un de ces critères est la "préservation de la paix, de la sécurité et de la stabilité régionales", rappelle le Conseil.

Réunion de la coalition internationale contre l'EI

Autre point discuté ce lundi: la mise en place d'une réunion ministérielle de la Coalition internationale contre le groupe jihadiste Etat islamique. Le but de cette rencontre sera d'examiner la poursuite des efforts de paix dans le contexte actuel. 

Des camps d'anciens combattants de l'EI sont tenus par des kurdes en territoire syrien et l'Europe craint qu'une déstabilisation de la région permette in fine à l'EI de reprendre des forces. De nouveaux mouvements migratoires sont également redoutés. La Turquie et les États-Unis sont membres de cette coalition, pour laquelle ont combattu les Kurdes visés par la présente opération militaire de la Turquie. 

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