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L'Europe et Dublin pressent Londres de régler le problème de la frontière irlandaise

Le Président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker et le Premier ministre irlandais Leo Varadkar accentuent la pression sur Theresa May. ©REUTERS

Le plan de Londres pour le Brexit patine et génère impatience et frustration du côté irlandais et européen. La question de la frontière irlandaise demeure un point de contentieux majeur dans la finalisation du projet de loi pour le retrait du Royaume-Uni de l'UE.

Theresa May doit accélérer le pas sur le Brexit. C'est en substance le message adressé conjointement par Dublin et l'UE lors d'une conférence de presse ce jeudi. Londres n'a toujours pas trouvé de solution concernant la frontière irlandaise, sujet épineux qui pourrait ralentir voire contrecarrer la conclusion d'un accord final sur le retrait du Royaume-Uni.

L'option "backstop" se fait attendre

Le gouvernement britannique n'a toujours pas apporté des garanties à l'Irlande du Nord concernant la mise en application d'une solution dite de "backstop". Ce filet de sécurité doit permettre au pays de se maintenir au sein de l'Union douanière et du marché unique européen sans pour autant rétablir une frontière entre l'Irlande du Nord et la République d'Irlande. Si les parties prenantes sont favorables à cette option, c'est la mise en application qui fait défaut.

"Lors de notre réunion, nous sommes tombés d'accord pour dire qu'il y a maintenant un besoin urgent d'intensifier nos efforts si nous voulons y arriver"
Leo Varadkar
Premier ministre irlandais

Léo Varadkar, Premier ministre irlandais, demande urgemment à Theresa May la traduction légale de cette solution visant à empêcher le retour d'une frontière entre les deux Irlandes. Le dirigeant irlandais tire la sonnette d'alarme: "Je vais être franc. Il ne reste plus beaucoup de temps pour conclure un accord qui soit opérationnel quand le Royaume-Uni quittera l'UE". Londres doit honorer "tous ses engagements, en totalité."

Le ministre irlandais des Affaires étrangères, Simon Coveney, est allé dans le même sens. "Nous avions réclamé et espéré des progrès importants en juin. Le gouvernement britannique en a été incapable, c'est frustrant pour tout le monde et dans tous les cas, les négociations doivent s'intensifier, en particulier sur la clause irlandaise de sauvegarde dans l'accord de retrait", a-t-il souligné au micro de RTE.

L'Irlande du nord partagée sur la réunification avec la République d'Irlande

Selon un sondage Lucid Talk publié début juin par la BBC, 42,1% des sondés affirment qu'ils voteraient pour la réunification si un référendum était convoqué contre 45% qui préféreraient rester au sein du Royaume-Uni. 12,7% des personnes interrogées sont indécis sur la question.

L'impact du Brexit sur ces résultats est également perceptible puisque 28% des sondés disent avoir changé d'avis et sont en faveur de la réunification à la suite du divorce entre Londres et Bruxelles. 0,85% ont fait le choix inverse.

Avant d'ajouter: "Mais soyons très clair, il n'y aura pas d'accord de retrait, pas d'accord de transition et pas de Brexit contrôlé si le gouvernement britannique ne respecte pas des engagements clairs (...) envers l'Irlande et l'ensemble de l'UE."

En effet, la Première ministre britannique s'était engagée à transcrire dans le projet de loi le "backstop" dès le mois de décembre. A ce jour cependant, cette promesse n'a pas été concrétisée. Le gouvernement britannique avait bien soumis son plan B en préconisant un alignement sur les règles douanières de l'UE mais seulement jusqu'en 2021.

Une suggestion rejetée par Leo Varadkar estimant que le backstop "ne peut avoir de date de péremption." "Un accord de retrait sans backstop n'est d'aucun intérêt pour nous", a-t-il conclu.

L'UE soutient l'Irlande

Et le Premier ministre irlandais n'est pas le seul à être monté au créneau. Il bénéficie du soutien de l'Union européenne, réitérant le refus de tout retour d'une frontière physique entre les deux Irlande.

"Je suis fermement opposé à toute tentation d'essayer d'isoler l'Irlande. L'Irlande doit faire partie de l'accord"
Jean-Claude Juncker
Président de la Commission européenne

Le négociateur européen pour le Brexit, Michel Barnier, avait souligné ce mardi la persistance de divergences entre Bruxelles et Londres sur le dossier irlandais. Un document du Conseil européen avait même affirmé la vive "inquiétude" de l'UE face à l'absence de "progrès substantiels" notamment sur la frontière irlandaise.

Pour Michel Barnier, l'arrangement douanier que Theresa May avait soumis au début du mois de juin, censé empêcher le rétablissement d'une "frontière dure" entre les deux Irlande, apportait "plus de questions que de réponses."

"Nous tenons à le dire et à le redire: l'Irlande n'est pas seule, elle est soutenue par 26 États membres et par la Commission et cela ne changera pas", a prévenu Jean-Claude Juncker, président de la Commission européenne."Je suis fermement opposé à toute tentation d'essayer d'isoler l'Irlande. L'Irlande doit faire partie de l'accord", a-t-il poursuivi.

L'Europe hausse le ton et accroît la pression sur le gouvernement britannique afin d'éviter un échec de l'accord sur le Brexit. Cependant, pour pallier toutes les éventualités, l'UE a appelé ce mercredi à se préparer à "tous les résultats", ce qui inclue également la possibilité de l'absence d'un accord... Le tout à une semaine d'un sommet européen crucial pour le devenir du Brexit...

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