L'Européen est plus conservateur et moins vert qu'il y a un an

Les conservateurs européens bénéficient de la popularité du parti d'Angela Merkel en Allemagne. ©Odd Andersen/AFP Pool/dpa

Un an après les élections européennes, la gauche est affaiblie et la droite renforcée, montre une compilation de sondages faite par Politico.eu.

Si les Européens devaient réélire demain leur Parlement, il serait plus conservateur et moins vert. Un an après les élections européennes, le site Politico.eu a réalisé une projection de cet hémicycle hypothétique en compilant les derniers sondages nationaux. Ces données concernent des intentions de vote au niveau national et non européen, et elles ne rendent pas compte des évolutions de l’opinion dans les quelques pays où aucun sondage n’a eu lieu depuis les élections de l’an dernier.  

69%
"Davantage de compétences"
Selon un sondage commandé par le Parlement européen, 69% des Européens pensent que l'Union devrait avoir "davantage de compétences" pour faire face aux crises comme la pandémie de coronavirus.

Si l'on votait aujourd'hui, les partis conservateurs gagneraient donc en puissance. Premier groupe, les chrétiens-démocrates du Parti Populaire européen (PPE, dont le CDH fait partie et qui comprend le Fidesz de Viktor Orban) pourraient compter sur onze sièges supplémentaires, passant à 198 députés sur 704. Une progression qu’ils devraient très largement à l'augmentation du soutien dont le cartel CDU/CSU d'Angela Merkel peut se prévaloir en Allemagne. Les conservateurs nationalistes (ECR, N-VA) gagneraient quant à eux cinq sièges, passant à 67.

Au centre de l'hémicycle européen, les libéraux de Renew Europe (RE, MR) perdraient neuf sièges pour passer à 90 – en raison d’une baisse de soutien pour leurs partis espagnol et allemand. 

Les verts dans le rouge

À gauche, les sociaux-démocrates (S&D, PS) continuent de voir leur popularité s'éroder. Ils reculeraient de trois sièges, à 143 députés, restant le deuxième groupe du Parlement européen.

Mais ce sont les écologistes qui subiraient le recul le plus prononcé: ils perdraient 18 sièges pour retomber à 49, notamment en raison de la dégringolade dans les sondages des verts allemands. Cinquième groupe de l’hémicycle, ils retomberaient à la sixième place, derrière les conservateurs nationalistes.

La droite monte, la gauche recule, donc. Mais l'image s'inverse lorsque l'on regarde les extrêmes de l'hémicycle. La gauche radicale gagnerait neuf élus, pour passer à 48 sièges, en partie du fait du succès du Sinn Féin en Irlande. Tandis qu'à l'extrême droite, le groupe Identité et démocratie (ID) perdrait un siège pour tomber à 75 sièges: l'érosion de la Ligue de Matteo Salvini en Italie serait en partie compensée par le succès du Vlaams Belang en Flandre et de l'extrême droite slovaque.

Pendant que Politico.eu publiait cette extrapolation, le Parlement européen diffusait une enquête d’opinion sur le sentiment des Européens face à la crise du Covid-19: 69% des sondés pensent que l'Union devrait avoir "davantage de compétences" pour faire face aux crises.

Un an après les élections

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