L'extrême droite italienne veut son commissaire européen

Matteo Salvini à gauche), le leader de la Ligue, et son bras droit, Giancarlo Giorgetti ©BELGAIMAGE

Le leader de la Ligue italienne Matteo Salvini veut imposer son bras droit Giancarlo Giorgetti comme commissaire européen à la Concurrence.

Ursula von der Leyen, la nouvelle présidente de la Commission européenne, s’apprête à vivre des jours laborieux pour constituer sa nouvelle équipe de commissaires, dans un Berlaymont vidé de ses occupants pour la pause estivale.

La présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen ©REUTERS

Certains États membres ont déjà désigné leur candidat, souvent par voie de presse et sans respecter la demande de choisir un homme et une femme, comme le veut la présidente. Pour d’autres, comme la Belgique, dont le gouvernement est en affaires courantes, la décision est plus compliquée. À Rome, l’été sera meurtrier.

Matteo Salvini, le leader de la Ligue d’extrême droite, a ficelé un accord avec son partenaire au gouvernement, le M5S, pour soutenir la candidature d’Ursula von der Leyen lors de sa désignation au sommet européen du 2 juillet. Un refus de l’Italie aurait bloqué le processus de nomination aux plus hauts postes de l’UE, dont celui de Charles Michel. Le parti fasciste espère en échange décrocher le portefeuille de la Concurrence, le poste le plus puissant après la présidence. Matteo Salvini veut y envoyer son bras droit, Giancarlo Giorgetti.

"L’insistance de Matteo Salvini pourrait fragiliser sa coalition et isoler l’Italie."
Un diplomate européen

Lors du vote au Parlement européen, mardi, la Ligue a fini par s’opposer à Ursula von der Leyen. Matteo Salvini a changé son fusil d’épaule après avoir reçu des indications que son partenaire, le M5S, ne soutiendrait pas Giancarlo Giorgetti. Depuis lors, le torchon brûle entre les deux partis. Salvini ne désarme pas, la Ligue aura son commissaire, quitte à envoyer d’autres noms. "L’insistance de Matteo Salvini pourrait fragiliser sa coalition et isoler l’Italie", dit une source diplomatique.

Des soutiens encombrants

Quoi qu’il en soit, sans l'accord de la Ligue au sein du gouvernement italien, Ursula von der Leyen n’aurait pas été choisie par le Conseil européen. Ce soutien encombrant aura des conséquences sur la gestion des dossiers les plus délicats, comme la politique migratoire.

La présidente von der Leyen a aussi reçu le soutien du PiS, le parti de droite radicale dirigeant la Pologne. Celui-ci exige en retour des garanties pour limiter la réforme de la procédure sur l’État de droit. Pour rappel, Varsovie est dans le collimateur de la Commission pour violation de l’État de droit.

Lire également

Publicité
Publicité

Echo Connect