L'Italie en route vers des élections anticipées

Carlo Cottarelli reçu par le Président Sergio Mattarella ©REUTERS

Monsieur "austérité", Carlo Cottarelli, est chargé de former un gouvernement en Italie. Il s'agit probablement d'un gouvernement de transition, avant la tenue de nouvelles élections au plus tard début 2019.

Qui va diriger l'Italie? Les Italiens vont-ils devoir retourner aux urnes? Le Président italien, Sergio Mattarella, tente de trouver une issue après l'échec dimanche des eurosceptiques à former un gouvernement. Il a ainsi convoqué Carlo Cottarelli, taxé d'incarnation de l'austérité budgétaire. "Monsieur Ciseaux", comme on l'appelle aussi pour son rôle dans la réduction des dépenses publiques en 2013-2014, est arrivé en train depuis Milan. Il s'est rendu directement au palais du Quirinal, siège de la présidence.

Il a donc été chargé par le président de former un gouvernement technique. 

"Je me présenterai au Parlement avec un programme qui, si j'obtiens la confiance, inclura le vote du budget 2019. Ensuite, le Parlement sera dissous, avec des élections début 2019", mais sans la confiance, les élections se dérouleront "après le mois d'août" (Carlo Cottarelli)

Concrètement à quoi doit-on s'attendre avec cette nomination?

→ Vers un gouvernement Cottarelli? Étant donné qu'il ne doit pas négocier avec les partis politiques, Carlo Cottarelli, ancien dirigeant du FMI, devrait rapidement former un gouvernement, prêter serment puis demander la confiance du Parlement. Il semble toutefois peu probable qu'il l'obtienne. Le Parlement est en effet dominé par les élus du Mouvement 5 Étoiles (M5S, antisystème) et de la Ligue (extrême droite), qui sont vent debout contre tout ce qu'il représente.

"Je me présenterai au Parlement avec un programme qui, si j'obtiens la confiance, incluera le vote du budget 2019. Ensuite, le Parlement sera dissous, avec des élections début 2019", mais sans la confiance les élections se dérouleront "après le mois d'août".
Carlo Cottarelli

Vers un gouvernement en affaires courantes? Si le gouvernement Cottarelli ne reçoit pas l'aval du Parlement, il sera chargé de gérer les affaires courantes dans l'attente de nouvelles élections. La date de celles-ci sera déterminée par le Président en accord avec les principaux responsables politiques et les présidents des deux chambres. Carlo Cottarelli annonce déjà les échéances d'après le mois d'août ou au plus tard début 2019 pour la tenue d'élections.

Certains pointent toutefois la situation actuelle qui pourrait se répéter en cas de nouvelles élections. "Si nous retournons voter maintenant avec la même loi électorale, nous nous retrouverons dans les mêmes difficultés qu'aujourd'hui", a déjà averti la présidente du Sénat, Maria Elisabetta Alberti Caselatti. L'actuelle loi électorale laisse part à un scrutin proportionnel redoutable dans un paysage politique réparti en trois camps: la droite, les antisystèmes et le centre gauche. 

Salvini annonce certes "qu'une majorité au Parlement" se dit prête à lancer la discussion sur cette loi. 

La cause de cette crise?

 Dimanche, Mattarella a posé son véto à la proposition de nomination d'un ministre de l'Économie anti-euro en la personne de Paolo Savona (81 ans). Savona, économiste d'expérience, est un défenseur d'un "plan B" pour sortir l'Italie de la zone euro.

Sergio Mattarella ©REUTERS

La fermeté du président a déchaîné la colère des populistes.

"Disons-le clairement qu'il est inutile d'aller voter, puisque les gouvernements ce sont les agences de notation, les lobbies financiers et bancaires qui les font. Toujours les mêmes", s'est insurgé Luigi Di Maio (M5S). "L'Italie n'est pas un pays libre, c'est un pays occupé financièrement, pas militairement, par les Allemands, par les Français et par les bureaucrates de Bruxelles", a rugi Matteo Salvini (La Ligue).

Les deux partis, qui pour les législatives de mars dernier avaient fait campagne chacun de leur côté, ont d'ores et déjà déclaré que si de nouvelles élections se présentaient, ils feraient campagne ensemble.

Le point sur les marchés

L'idée que l'Italie ne sera pas dirigée par un gouvernement hostile à l'euro a fait monter les marchés lundi matin. Mais ils ont ensuite reperdu du terrain, réalisant qu'il s'agissait-là d'une solution à court terme.

La Bourse de Milan a frôlé les +2% avant de repartir à la baisse. Le "spread", l'écart très surveillé entre les taux d'emprunt italien et allemand à dix ans, s'envolait. Il a atteint son niveau le plus haut depuis novembre 2013.

Les actions des valeurs bancaires s'affichaient en net recul: -7,8% à la mi-journée pour Banca Monte dei Paschi di Siena , -4% pour UniCredit, -3% pour Intesa.

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