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L'Italie et les pays de l'Est bloquent la politique migratoire européenne

Le Premier ministre italien Giuseppe Conte et le président français Emmanuel Macron ©EPA

L'ambiance cordiale et feutrée du sommet européen de ce jeudi cachait mal les divisions de l'UE sur la politique migratoire. Une question poussée en haut de l’agenda par l’Italie et l’Autriche où l’extrême droite est au pouvoir.

Le Conseil européen s’est, au moins, entendu ce jeudi pour réaffirmer sa volonté d’accentuer "la lutte contre les filières d’immigration clandestine".

Officiellement, l’entente entre les Vingt-Sept est retrouvée. Oubliés, les cris du Premier ministre italien populiste Giuseppe Conte dénonçant en juin dernier lors d’un sommet houleux l’absence de solidarité entre Européens.

Un mot était sur toutes les lèvres lors du Conseil européen de ce jeudi: "dédramatiser". Pourtant, cinq mois après le "clash" entre l’UE et l’Italie, le blocage reste total sur la question migratoire.

Les dirigeants européens doivent adopter de longue date un paquet de sept directives définissant le cadre de la politique migratoire de l’UE. "Nous avons bien avancé sur cinq textes", a confié le président français Emmanuel Macron à la sortie du sommet. Mais il en reste deux sur lequel aucun accord n'est en vue.

"Les extrêmes montent partout en Europe"
Emmanuel Macron
Président de la République française

Pour Macron, le paquet devrait être adopté "avant la fin de l’année". On en est loin. Aucun progrès n’a été enregistré ce jeudi sur la réforme du règlement de Dublin, qui fixe le droit d’asile, et sur la mise en œuvre des centres de triage des migrants dans l’UE ("centres contrôlés") et les pays tiers ("plateformes de débarquement").

Le blocage vient du groupe de Visegrad (Hongrie, Pologne, Slovaquie et République tchèque), quatre pays qui refusent la relocalisation des réfugiés sur leur territoire. Il vient aussi de l’Italie, où l'extrême droite est au pouvoir. Emmanuel Macron a attribué la percée de l'extrême droite en Italie au "manque de solidarité lors de la crise financière et lors de la crise des migrants". "Les extrêmes montent partout en Europe", ajoute le président français.

Compromis autrichien

L’Autriche, qui occupe la présidence rotative de l’UE, propose que les États réticents à l’accueil puissent s’exonérer de la relocalisation de réfugiés en versant plus d’argent aux pays d’origine des migrants situés en Afrique. "Ce serait un bon compromis", dit le président du Parlement européen Antonio Tajani.

L’idée ne plaît pas à la chancelière allemande Angela Merkel, favorable à une solidarité européenne dans l’accueil des migrants. "Si je choisis de donner plus d’argent à l’Afrique, les problèmes de migration ne sont pas pour autant résolus", a-t-elle tranché après la rencontre, "si, à la fin, trois pays se retrouvent toujours en crise à cause de l’arrivée des migrants, ce n’est pas conforme à l’esprit européen".

Le Conseil européen s’est, au moins, entendu ce jeudi pour réaffirmer sa volonté d’accentuer "la lutte contre les filières d’immigration clandestine".

Le Conseil européen s’est, au moins, entendu ce jeudi pour réaffirmer sa volonté d’accentuer "la lutte contre les filières d’immigration clandestine". Les dirigeants européens ont également annoncé un premier sommet entre l’Union européenne et les pays de la Ligue arabe, les 24 et 25 février en Egypte, sur la question des migrations irrégulières.

Lors du Conseil, les Vingt-Sept se sont aussi penchés sur la sécurité intérieure et la protection contre les nouvelles menaces et, en particulier, les cyberattaques.

La France, l’Allemagne et les Pays-Bas ont évoqué avec gravité l’assassinat présumé du journaliste Jamal Khashoggi au consulat d’Arabie saoudite à Istanbul par un "commando" aux ordres de Riyad. "Nous attendons que toute la lumière soit faite" sur cette affaire "extrêmement grave", a dit le président Macron.

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