La CDU se cherche une direction

Le siège de la CDU, à Berlin. ©REUTERS

Les dirigeants du parti d'Angela Merkel se sont réunis ce dimanche. Les candidats à sa succession sont divisés quant à l'orientation à donner au parti.

Les dirigeants de l'Union chrétienne-démocrate (CDU) d'Angela Merkel ont étalé leurs divergences ce dimanche sur la question de l'orientation du parti une fois que la chancelière aura quitté la présidence de la formation conservatrice.

Les dirigeants de la CDU devaient se réunir dimanche à huis-clos. Son partenaire de la coalition au pouvoir, le Parti social-démocrate (SPD), en forte baisse dans les sondages, devait faire de même.

Angela Merkel a annoncé mardi qu'elle quitterait ses fonctions de présidente de la CDU en décembre, mettant ainsi fin à une période de près de deux décennies au cours de laquelle elle a progressivement réorienté le parti de la droite vers le centre.

Sa décision fait suite à deux élections régionales, en Hesse et en Bavière, lors desquelles la CDU (représentée par la CSU en Bavière) et le SPD ont subi leurs plus mauvais résultats électoraux depuis des décennies, tandis que les Verts et l'Alternative pour l'Allemagne (AfD, extrême droite) gagnaient du terrain.

Pour le ministre de la Santé, Jens Spahn, l'un des trois prétendants au poste de président de la CDU, le parti s'est affaibli en devenant trop centriste ces dernières années.

"Les partis doivent être plus différents les uns des autres", a déclaré Jens Spahn au journal dominical Welt am Sonntag. "Notre façon de voir les gens et la société est fondamentalement différente de celle des sociaux-démocrates", a-t-il ajouté.
Jens Spahn a été l'un des critiques les plus féroces de la décision d'Angela Merkel en 2015 d'accueillir plus d'un million de réfugiés, principalement des musulmans originaires de zones de guerre au Moyen-Orient.

"Une erreur"

Jens Spahn a toutefois exclu une coalition avec l'AfD, affirmant que la CDU ne pourrait pas collaborer avec un parti qu'il a qualifié d'anti-américain et qui, selon lui, idolâtre les autocrates russes.

Armin Laschet, un des vice-présidents de la CDU, a au contraire mis en garde contre un virage à droite du parti. "Je suis convaincu qu'un tel changement de politique serait une erreur", a déclaré Armin Laschet au quotidien Süddeutsche Zeitung. La CDU devrait s'en tenir à son orientation centriste, a-t-il ajouté.

S'adressant aux journalistes avant la réunion de la CDU à Berlin, Armin Laschet et Julia Klöckner, autre vice-présidente de la CDU, ont suggéré chacun que les candidats à la succession d'Angela Merkel se présentent lors de conférences régionales au cours des prochaines semaines.

La candidate la plus susceptible de poursuivre l'orientation centriste d'Angela Merkel est la secrétaire générale de la CDU, Annegret Kramp-Karrenbauer, qui devrait s'exprimer sur sa candidature dans les prochains jours.

Le troisième candidat est Friedrich Merz, qui plaiderait pour un glissement vers le conservatisme de droite favorable aux entreprises qu'Angela Merkel a eu tendance à reléguer à l'arrière-plan.

La CDU semble divisée sur la question du leadership. Selon un sondage Emnid pour le Bild am Sonntag, 44% des membres du parti soutiennent Friedrich Merz et 39% Anegret Kramp-Karrenbauer. Seuls 9% soutiennent Jens Spahn.

Le vice-président du SPD, Ralf Stegner, a pour sa part déclaré que son parti ne resterait pas dans la coalition "à tout prix". "Si la coalition ne change pas radicalement et rapidement sa façon de travailler et son image, elle ne pourra pas durer et ne durera pas", a-t-il déclaré.

Un sondage de l'institut Forsa pour les chaînes de télévision RTL et N-TV ne crédite plus le SPD que de 13% des intentions de vote.

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