La droite française en quête d'un rassembleur

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Ancien ministre de Nicolas Sarkozy, Laurent Wauquiez a annoncé sa candidature à la présidence des Républicains (LR). Il fait figure de grand favori. Son profil très radical complexifie toutefois l’opération de rassemblement pour la droite française, déchirée depuis l’élection d’Emmanuel Macron.

Et de quatre. Mais cette fois il ne s’agit pas de n’importe qui. En officialisant dans Le Figaro sa candidature à la Présidence du parti des Républicains (LR), Laurent Wauquiez sait qu’il fait figure de favori. Droitier décomplexé, l’actuel président de la région Auvergne-Rhône-Alpes apparaît comme celui ayant le meilleur profil pour prendre la barre du parti ayant le mieux survécu au cyclone des législatives. Avec 100 députés contre plus de 300 à la République en marche (majorité au pouvoir), un chiffre bien au-dessus de toutes les autres formations, le parti LR dispose encore d’une hauteur enviable pour donner de la voix. Devenue vacante, la présidence du parti qui sera soumise au vote de ses adhérents au début du mois de décembre, lui est réputée acquise par les principaux observateurs.

La première partie s’annonce néanmoins compliquée. D’abord parce que les parcours menant à une victoire facile, comme sur des boulevards bordés de cerisiers en fleurs, chacun sait qu’il faut s’en méfier depuis la défaite d’Alain Juppé aux primaires puis celle de François Fillon aux présidentielles. Pour que Laurent Wauquiez accède au fauteuil convoité, il ne lui faudra sur son trajet ni chausse-trappe surprise, ni candidat tombé du ciel et suffisamment crédible pour rebattre les cartes de la compétition.

S’il y arrive malgré tout, il lui faudra faire en sorte que son parti fasse figure d’organe d’opposition sérieux alors même que le Premier ministre de la présidence Macron (Edouard Philippe) est justement issu de la droite et que des ministères-clé comme celui des finances sont tenus par des personnalités de la même origine. Dernier élément de complexité, le fait que des Républicains comme Thierry Solère ont créé leur propre groupe à l’assemblée, celui des Constructifs, c’est-à-dire prêts à collaborer au cas par cas avec le pouvoir en place.

Une droite littéralement démembrée

En explosant le paysage français qui prévalait depuis plusieurs décennies dans sa binarité droite-gauche, en composant avec Edouard Philippe un gouvernement rassemblant des volontés modérées des deux bords, Emmanuel Macron a redonné par voie de conséquence de l’épaisseur et de l’aplomb à des personnalités plus radicales, comme Jean-Luc Mélenchon à gauche et Laurent Wauquiez à droite.

Le problème pour celui ou celle qui prendra la présidence du parti LR, sera de reconquérir des personnalités clivant davantage vers le centre et pour ce faire, Laurent Wauquiez n’apparaît pas, avec ses valeurs hautement traditionalistes en sautoir, comme étant le mieux placé. Même si, déclare-t-il dans les colonnes du Figaro, il compte y "mettre toute son énergie" en "tendant inlassablement la main". Compte tenu du démembrement de la droite, il risque dans cette posture d’avoir rapidement des crampes au bras.

En juillet 2017, des personnalités de LR ayant pris des distances avec leur parti tels Thierry Solère, Édouard Philippe, ou Gérald Darmanin, ont reçu une convocation en vue de leur exclusion. Tandis que Bruno Lemaire, une fois ministre, avait déjà fait ses valises. En attendant ils ont été suspendus et une commission statuera sur leur sort à l’automne. A cela s’ajoute que des grandes figures de droite comme Valérie Pécresse et Xavier Bertrand se tiennent, pour l’instant du moins, à distance de la compétition. Laurent Wauquiez qui fera dimanche l’ascension du Mont Mézenc dans son fief du Vivarais (Massif Central) en profitera peut-être, à plus de 1.700 mètres d’altitude, pour diffuser de douces promesses aux brebis égarées.

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