La droite française se déchire

Christian Estrosi, le maire de Nice, a quitté Les Républicains, le parti historique de la droite française. ©Photo News

Divisé par des luttes intestines – entre les "Macron-compatibles" et les autres – ainsi que par les tentations de certains de céder à l'extrême droite, le parti Les Républicains accuse plusieurs défections avant les régionales en juin.

Alors que les élections régionales approchent en France (20 et 27 juin), et que nombre de partis veulent en faire de ce scrutin un test clé avant les présidentielles de 2022, les stratégies politiciennes reprennent le dessus. Ce qui n'est pas sans provoquer des divisions. En témoignent les déchirements auxquels s'expose le parti Les Républicains (LR) depuis une semaine en Provence-Alpes-Côte d'Azur (PACA). Tout est parti dimanche dernier de la décision de Renaud Muselier, le président LR de la région de vouloir entamer une alliance avec La République En Marche (LREM). Une annonce qui a suscité l'émoi au sein d'une partie des cadres et militants du parti qui y ont vu la main d'Emmanuel Macron pour les diviser à l'approche des présidentielles. Et qui, dans la foulée, a provoqué le départ de plusieurs poids lourds du parti

Tout d'abord celui d'Hubert Falco, le maire de Toulon, qui a claqué la porte mercredi. Puis, celui, jeudi, de Christian Estrosi, maire de Nice, jugé lui aussi trop proche des macronistes. "Je m'en vais de LR", a expliqué le maire de Nice ce jeudi au Figaro: "Quitter mon parti est une décision pénible pour le gaulliste que je suis", a-t-il ajouté, avant de déplorer: "la dérive d'une faction qui semble avoir pris en otage la direction du parti" pour faire capoter le projet d'alliance entre LREM et LR aux régionales.

Pactiser avec l'extrême droite

En guise de justification, les deux démissionnaires ont clairement pointé la tentation de certains au sein de LR de préférer vouloir "pactiser avec nos ennemis de l'extrême droite" plutôt que de s'allier avec le centre droit. Ce à quoi Christian Jacob, le président de LR a tenu à rétorquer que "conformément aux valeurs de notre famille politique, nous sommes et nous resterons les opposants déterminés à l'idéologie du Rassemblement national".

Cette crise finira-t-elle par faire imploser le parti LR? Ce n'est pas la première fois que des ténors du parti le quittent – ce fut le cas après la défaite des présidentielles de 2017 – et surtout qu'ils engrangent malgré tout des succès par ailleurs dans les urnes. Preuve en est, Valérie Pécresse arrive en tête des sondages pour les élections régionales en Ile-de-France. Tandis que Xavier Bertrand, lui aussi de droite et également en dehors de LR, est favori dans les Hauts-de-France. L'ancien ministre du Travail des gouvernements de François Fillon arrive également en troisième position dans les intentions de vote en vue de la présidentielle. "Sans que cela soit décisif, il a pris un peu d'avance et mobilise mieux aujourd'hui l'électorat de droite", observe Bernard Sananès, le président d'Elabe, qui commentait un sondage fait pour Les Echos.

Néanmoins si certains au sein de LR le verraient bien représenter la droite en 2022, d'autres, notamment Christian Jacob, ne lui accordent pas toute leur faveur. Sans compter que d'autres candidats issus du parti n'ont pas exclu de se présenter. Au rang desquels, Michel Barnier. Le négociateur européen sur le Brexit a profité de la promotion de son livre sur les coulisses de son bras de fer avec Londres cette semaine pour révéler son intérêt pour 2022 sans être pour autant encore officiellement candidat. Sur les ondes de France Inter, il a ainsi déclaré: "Je veux participer à un jeu collectif, je veux apporter une réponse qui soit celle de toute ma famille. Et cette unité-là ne se décrète pas, elle ne tombe pas du ciel. Il faut la construire avec du respect et de l'écoute". Il ne croyait pas si bien dire.

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