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La droite triomphe aux régionales de Madrid

La présidente régionale de Madrid, Isabel Díaz Ayuso et le chef du Parti populaire Pablo Casado, à Madrid. ©EPA

La victoire d'Isabel Díaz Ayuso, étoile montante de la droite espagnole, aux élections régionales de Madrid, a précipité le retrait du leader de Podemos, Pablo Iglesias.

"Un nouveau chapitre dans l'histoire de l'Espagne commence aujourd'hui", a déclaré Isabel Díaz Ayuso, 42 ans, lors de sa victoire aux élections régionales à Madrid, mardi soir. Elle s'exprimait devant une foule compacte réunie devant le siège de sa formation, le Parti Populaire (PP), dans le centre de la capitale espagnole.

"Les jours sont comptés pour le gouvernement de Pedro Sánchez."
Isabel Díaz Ayuso
Gagnante des élections régionales à Madrid

"Car aujourd'hui, en partant de Madrid, du kilomètre zéro, nous allons retrouver la fierté, l'unité et la liberté dont l'Espagne a besoin." "Les jours sont comptés" pour le gouvernement de gauche de Pedro Sánchez, a-t-elle ajouté, en affirmant s'adresser à tous les Espagnols.

Pablo Iglesias se retire

Un coup dur pour le Premier ministre socialiste, qui s'était investi personnellement dans la campagne, mais surtout pour le chef de Podemos, victime directe de ce scrutin: Pablo Iglesias, 42 ans, a annoncé son retrait de la vie politique. Une annonce aussi inattendue que brutale pour cette figure emblématique de la gauche espagnole.

"Je quitte tous les partis politiques."
Pablo Iglesias
Chef de Podemos

"Je quitte tous les partis politiques. Je ne serai pas un obstacle au renouvellement du leadership dont notre force politique a besoin", a-t-il déclaré aux journalistes tard mardi après avoir appris les résultats, qu'il a qualifiés de tragédie. "Nous avons échoué. Quand on cesse d'être utile, il faut savoir se retirer", a ajouté Pablo Iglesias, alors qu'il avait quitté son poste de vice-président du gouvernement Sánchez pour mener son parti à la bataille dans ces régionales.

75%
de participation
Les plus de 5,1 millions d'électeurs se sont déplacés en masse, la participation étant estimée à 75%, soit une hausse de plus de 10 points par rapport au précédent scrutin.

Cette décision marque la fin d'un chapitre pour la politique espagnole, dont l'ancien professeur de sciences politiques était l'un des principaux visages depuis la création de sa formation de gauche radicale en 2014 dans une Espagne plongée dans l'austérité.

L'ombre de l'extrême droite

 Isabel Díaz Ayuso, ferme opposante aux strictes restrictions sanitaires, a doublé son score du dernier scrutin régional de mai 2019, en totalisant plus de 44% des voix et 65 sièges sur 136 au parlement régional.

Le PP, qui dirige la région depuis 26 ans, ne dispose toutefois pas de la majorité absolue et devra donc s'appuyer sur le parti d'extrême droite Vox, qui soutenait déjà Isabel Díaz Ayuso depuis deux ans et a indiqué mardi soir qu'elle pouvait compter sur ses voix.

Arrivés en tête en 2019 dans la région, les socialistes (24 sièges) perdent quant à eux 13 députés régionaux, tandis que la gauche ne totalise que 58 sièges.

La "liberté" contre les restrictions sanitaires

Malgré la pandémie, les plus de 5,1 millions d'électeurs se sont déplacés en masse, la participation étant estimée à 75%, soit une hausse de plus de 10 points par rapport au précédent scrutin. Le PP avait présenté cette élection comme une étape sur le chemin de son retour au pouvoir, après avoir été chassé par une motion de censure suite à un scandale de corruption.

Cette victoire à Madrid est avant tout celle d'Isabel Díaz Ayuso, qui avait présenté le scrutin comme un choix entre "le communisme et la liberté", et fait du Premier ministre socialiste Pedro Sánchez sa cible privilégiée et son seul adversaire.

Isabel Díaz Ayuso a toujours refusé d'imposer des restrictions strictes contre la pandémie de coronavirus.

Malgré les pressions du gouvernement central, cette tenante d'une ligne très droitière et populiste a toujours refusé d'imposer des restrictions strictes contre la pandémie. Le but: protéger les entreprises, notamment les bars et les restaurants, qui sont restés ouverts. Une stratégie qui a porté ses fruits, sur fond de ras-le-bol d'une partie de l'opinion à l'égard des mesures anti-Covid.

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