La fête nationale catalane prend des airs d'indépendance

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Les nationalistes catalans étaient dans la rue ce vendredi à l'occasion de leur journée nationale. L'ambiance y était à la fête, avec l'espoir d'une indépendance proche.

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Plusieurs centaines de milliers de Catalans sont descendus vendredi dans les rues de Barcelone à l'occasion de la "Diada", la journée nationale de la province. Au total, un demi-million de personnes se sont inscrites pour former une mosaïque humaine censée représenter, selon les organisateurs, une page blanche, celle du nouvel Etat qu'ils espèrent édifier après les élections du 27 septembre.

"C'est avec joie que nous voulons bâtir une nouvelle république catalane, sans roi, sans pouvoir central qui nous traite comme de mauvais enfants", explique le chef d'un restaurant de la ville venu faire la fête.

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"Nous ne demandons pas la lune", a affirmé le président de l'exécutif catalan, Artur Mas, devant la presse internationale. "Nous aspirons à ce que la plupart des nations européennes ont déjà, c'est-à-dire un Etat".

Le ministre des Affaires étrangères Jose Manuel Garcia Margallo avait surpris en se disant favorable à une réforme constitutionnelle avec davantage d'autonomie fiscale pour la Catalogne, une vieille revendication de Barcelone. Le pouvoir central veut prendre en compte les demandes des Catalans, mais sont encore à accepter une indépendance.

Rendez-vous le 27 septembre

Les Catalans sont en effet amenés à s'exprimer dans deux semaines lors des élections régionales. Selon un sondage du Centre de recherches sociologiques (CIS), les partis favorables à l'indépendance remporteraient une courte majorité des sièges au parlement de la Généralité.

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Junts pel Si, le principal parti indépendantiste, est crédité de 38,1% d'intentions de vote, ce qui se traduirait par 60 ou 61 des 135 sièges du parlement de Catalogne. Si l'on y ajoute les huit sièges que devrait obtenir le parti de gauche indépendantiste CUP, les séparatistes contrôleraient au total 68 ou 69 sièges.

Si les partis indépendantistes l'emportent, ils veulent lancer une "feuille de route" qui doit leur permettre d'atteindre leur objectif (l'indépendance) dans un délai de dix-huit mois.

Une victoire pas garantie

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Le mouvement a cependant perdu de son élan depuis le référendum symbolique organisé l'an dernier. Quelque 80% des votants avaient alors marqué leur préférence pour la sécession, mais 40% seulement des électeurs inscrits en Catalogne s'étaient déplacés, une participation en deçà des espérances du camp indépendantiste.

A Madrid, le président du gouvernement, Mariano Rajoy, s'oppose fortement à toute idée de sécession de la Catalogne, qu'il juge "absurde". De même, il refuse que les élections régionales du 27 septembre soient présentées comme un vote par procuration sur l'indépendance.

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