Le "dernier dictateur d'Europe" rempile

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Le président sortant du Bélarus, Alexandre Loukachenko, a été réélu lors de l'élection présidentielle de dimanche avec 83,49% des voix. Le candidat arrivé en deuxième position est Tatiana Korotkevitch, qui a obtenu 4,42% des voix.

Le président sortant du Bélarus, Alexandre Loukachenko, est réélu pour un cinquième mandat à la tête du pays, au terme d'un scrutin couru d'avance et boycotté par l'opposition.

Loukachenko, 61 ans, s'apprête à étendre ses 21 ans de pouvoir alors que les Européens envisagent de lever les sanctions prises à l'égard de celui que Washington a surnommé le "dernier dictateur d'Europe", régulièrement accusé de graves atteintes aux droits de l'homme, de réprimer l'opposition et de museler la presse.

Les pays occidentaux boudent de longue date ce dirigeant de 61 ans en raison de son gouvernement autoritaire, des violations des droits de l'homme et de la répression visant l'opposition, et ils maintiennent des sanctions économiques à l'encontre de certains responsables et de certaines entreprises biélorusses. Cependant, les critiques que Loukachenko a adressées à Moscou après l'annexion de la Crimée en 2014, le fait qu'il ait accueilli des négociations de paix sur l'Ukraine et la grâce accordée en août à six dirigeants de l'opposition ont eu pour conséquence un rapprochement prudent entre Minsk d'une part, l'Union européenne et les Etats-Unis d'autre part.

Le vote a été surveillé par des observateurs de l'OSCE. Mais l'opposition estime que le président a déjà faussé les cartes en empêchant ses dirigeants de se présenter.

Si le résultat ne laisse que peu de place au suspense, la réaction de l'Union européenne est beaucoup plus attendue. Les 28 envisagent de lever les sanctions qui frappent depuis 2011 le président bélarusse en protestation contre la répression violente qui avait suivi sa réélection en 2010. Les Européens veulent notamment s'assurer qu'"il n'y a pas de nouvelles arrestations d'opposants, pas de violence, pas de persécution de la presse", a expliqué un diplomate à l'AFP.

M. Loukachenko, au pouvoir depuis 1994, a effectivement multiplié les gestes de bonne volonté ces derniers mois, libérant notamment cet été les derniers prisonniers politiques du pays, parmi lesquels l'opposant numéro un Mikola Statkevitch, relâché fin août après cinq ans de prison. Ce geste a été apprécié par Bruxelles, qui se donne jusqu'à la fin du mois pour décider de la suite à donner aux sanctions.

Aucun des poids lourds de l'opposition démocratique n'a toutefois été autorisé à se présenter au scrutin, leurs candidatures ayant été rejetées par la Commission électorale centrale pour différentes raisons. L'opposition a, en réaction, appelé au boycottage des élections.

Convaincu que sa libération de prison avait pour but d'amadouer les Occidentaux, Statkevitch a appelé au maintien des sanctions. "S'ils sont ensemble avec ce criminel, alors on pourra dire que la démocratie vantée (par les Européens), ce n'est que des mots", a-t-il estimé.

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