Le Labour revoit sa stratégie de campagne

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Condamné à une seconde défaite en deux ans, Jeremy Corbyn essaie de sauver les bastions travaillistes qui ont voté pour le Brexit en 2016.

Dans deux semaines, le paysage politique pourrait être dégagé comme jamais il ne l’a été depuis le référendum sur la sortie britannique de l’Union européenne. Une victoire nette de Boris Johnson lui garantira de rester à Downing Street jusqu’en 2024, et rendra probable la validation de l’accord du Brexit d’ici le 31 janvier.

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Boris Johnson figure en tête des sondages, avec sept points d’avance sur son rival Jeremy Corbyn.

Cette issue reste la plus probable, même si deux lectures peuvent être faites des différents sondages. La première ne remet pas en cause la victoire des Tories, mais incite à la prudence: deux des trois dernières consultations ne donnent ainsi que sept points d’avance à la formation de Boris Johnson. Pas de quoi paniquer, d’autant plus qu’un autre sondage réalisé par YouGov, selon la seule métholodogie qui avait fait ses preuves en 2017, donne une franche victoire aux Tories. Le score final, exprimé en pourcentage, n’est pas beaucoup plus élevé, mais l’étude approfondie des intentions dans les circonscriptions sensibles permet à Johnson de faire une différence nette de 68 sièges au final. Suffisamment pour gouverner confortablement et faire voter son accord.

Ces circonscriptions sensibles sont celles où le Leave est arrivé en tête en 2016 et où le Labour l’a emporté avec une marge réduite lors de l’élection générale de l’année suivante. Une bonne quarantaine de ces circonscriptions pourraient voir les électeurs choisir le candidat tory, et ainsi avoir la garantie que le Brexit sera finalisé dans les six semaines qui suivront ce scrutin.

Jeremy Corbyn est pris au piège. Après avoir axé le cœur de sa stratégie sur la défense des services publics (transports, santé, notamment), le leader du parti travailliste a été rapidement pris de vitesse par BoJo, qui a notamment promis 50.000 postes supplémentaires d’infirmiers (sur des effectifs de 300.000). Le message de Johnson sur le Brexit pourrait être diablement efficace, puisqu’il véhicule l’idée que le cauchemar du processus du Brexit – qu’il a pourtant lui-même initié en étant le leader de la campagne pro-leave en 2016 – sera terminé beaucoup plus rapidement s’il remporte les élections.

Les électeurs savent qu’une victoire du Labour retardera le processus du Brexit – avec de nouvelles négociations à la clé – et n’entendent par ailleurs quasiment jamais leur leader – lui-même eurosceptique – remettre en cause le principe du Brexit. En résumé, les Brexiters savent qu’ils doivent voter Johnson et les Remainers ne sont pas du tout convaincus par Corbyn. D’où le manque d’élan de la campagne travailliste, malgré neuf ans et demi de pouvoir conservateur. Signe de l’impuissance des travaillistes, ils réorientent leur campagne sur le rejet du pouvoir tory, et sur la nécessité de ne pas le laisser régner cinq ans de plus.

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