Le parti de Macron vers une victoire écrasante aux législatives

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Ce dimanche, plus de 47 millions d'électeurs sont appelés à voter pour ce scrutin qui pourrait être marqué par une nouvelle poussée de l'abstention, déjà à un niveau historique au premier tour (51,3%).

Les Français s'apprêtent à donner une majorité écrasante au président Emmanuel Macron au second tour des élections législatives dimanche, confirmant le désir de renouveau du paysage politique malgré une abstention très élevée qui pourrait ternir cette victoire.

Décalage horaire oblige, les électeurs de certains territoires français d'outremer, de l'Amérique du nord aux antilles françaises, ont commencé à voter dès samedi.

Sur l'île de la Guadeloupe, où 70% des électeurs ont boudé les urnes au premier tour, Jeanne, 60 ans, est venue voter "par devoir" mais regrette que cette élection soit "jouée d'avance".

Après le succès le 11 juin de son mouvement La République en Marche, le président Macron attend "une confirmation" qui lui permettrait de mettre en oeuvre son programme: assouplissement du Code du travail, moralisation de la vie politique et loi antiterroriste censée prendre le relais de l'état d'urgence, en vigueur en France depuis les attentats de novembre 2015.

Allié aux centristes du MoDem, son parti pourrait ravir 400 à 470 circonscriptions sur 577, selon les projections des instituts de sondage. Soit l'une des majorités les plus imposantes de la cinquième République, née en 1958.

Au premier tour, la formation créée il y a un an à peine avait rassemblé 32,3% des suffrages exprimés, loin devant la droite à 21,5%, la gauche radicale (13,7%), l'extrême droite à 13,2% et le Parti socialiste (9,5%).

Un renouvellement inédit

Autre certitude, le renouvellement de l'Assemblée s'annonce d'une ampleur inédite, sous l'effet de la vague Macron qui ouvre les portes à des centaines de nouveaux élus, dont de nombreux novices en politique.

1.146 candidats, dont 40% de femmes, s'affrontent dans 572 duels et une triangulaire pour tenter de décrocher l'un des 573 sièges de députés encore en jeu pour un mandat de cinq ans.

Quatre députés seulement ont été élus dès le premier tour, conséquence de l'abstention qui pourrait atteindre 53% à 54% dimanche, selon les dernières enquêtes, soit une dizaine de points de plus qu'en 2012.

"Allez voter!", a lancé jeudi aux électeurs le Premier ministre Edouard Philippe. "Personne ne peut se satisfaire d'une abstention. En France, le vote n'est pas obligatoire (...), c'est à la fois un droit et un devoir".

Seule l'ampleur de la vague macroniste reste incertaine. "Il peut y avoir un correctif entre les deux tours, que les électeurs se disent qu'une fois que la majorité semble acquise pour Emmanuel Macron, ce n'est pas la peine d'en faire trop", tempère Emmanuel Rivière de Kantar Sofres.

Selon un sondage Elabe diffusé jeudi, six Français sur dix (61%) souhaitent en effet que le second tour "rectifie le premier avec une majorité moins importante qu'attendue".

Les deux familles politiques, droite et gauche, qui structurent la vie politique française depuis des décennies, s'attendent néanmoins à un sérieux revers.

Le parti de droite Les Républicains (LR), qui espérait initialement priver le nouveau chef de l'Etat de majorité, ne peut espérer que 60 à 132 sièges, contre plus de 200 dans l'Assemblée sortante, selon les projections.

Le parti socialiste, qui contrôlait la moitié de l'Assemblée sortante sous le quinquennat de François Hollande, a recueilli un score historiquement bas (9,51%) au premier tour et ne pourra sans doute compter que sur quelques dizaines d'élus.

Quant à l'extrême droite et à la gauche radicale, elles n'ont pas réussi à capitaliser sur leurs bons scores à la présidentielle.

La France insoumise (gauche radicale) de Jean-Luc Mélenchon et le Parti communiste ne peuvent guère espérer obtenir qu'un nombre de députés suffisant (15) pour constituer un groupe parlementaire.

Après avoir réussi à se hisser au second tour de l'élection présidentielle, le parti Front national (FN) de Marine Le Pen, lui, n'est crédité que de 1 à 5 sièges.

Parmi les personnalités toujours en course, restent la dirigeante d'extrême droite Marine Le Pen, défaite au second tour de la présidentielle en mai par Emmanuel Macron et en tête dans son fief d'Hénin-Beaumont (nord), l'ancien Premier ministre socialiste Manuel Valls candidat en région parisienne, au destin incertain, et Jean-Luc Mélenchon à Marseille (sud-est).

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