Les Danois ne veulent pas plus d'Europe

Lars Lokke Rasmussen, le premier ministre danois. ©EPA

A l'issue d'un référendum, les Danois ont dit "non" à 53,1% à un renforcement de leur coopération avec l'Union européenne en matière de police et de sécurité.

Les Danois eurosceptiques ont dit non à plus d'Europe en rejetant très nettement jeudi par référendum un renforcement de leur coopération avec l'Union européenne en matière de police et de sécurité, de crainte de perdre leur souveraineté en matière d'immigration. "C'est un non net (...). Je respecte totalement la décision des Danois" qui "ont eu peur de perdre le contrôle" de leur destinée, a déclaré le Premier ministre danois Lars Lokke Rasmussen.

Le non, défendu par l'extrême gauche et le Dansk Folkeparti (Parti du peuple danois), pourtant soutien au parlement du gouvernement minoritaire, a obtenu 53,1% des suffrages contre 46,9% pour le oui, selon des résultats définitifs.

Le président du groupe libéral Venstre (pro-européen), Soren Gade, a appelé à un "examen de conscience" dès lors "qu'une grande majorité de formations parlementaires prônent le oui et que les électeurs disent non".

Le référendum, le huitième soumis aux électeurs du royaume scandinave depuis celui sur son adhésion à l'UE en 1972, confirme la défiance de l'opinion publique à l'égard du projet européen mais aussi la grande forme du Parti du peuple danois (DF), porte-drapeau des eurosceptiques. Cette formation anti-immigration, premier parti de droite, a fait campagne sur le thème "Plus d'UE ? Non merci", séduisant une partie des nombreux électeurs indécis.

Sortie d'Europol

Trois semaines après les attentats de Paris, l'enjeu était de taille puisque du résultat de la consultation dépendait l'appartenance pleine et entière du Danemark à Europol. En vertu du traité de Lisbonne, l'agence intergouvernementale chargée de la lutte contre le crime organisé, les trafics et le terrorisme deviendra en 2016 un organisme supranational subordonné au conseil des ministres européens chargé des affaires de police et de justice.

Le non triomphant, le Danemark s'exclut du conseil et donc d'Europol, au moins jusqu'à négociation d'un accord séparé. Des experts estiment que cette négociation pourrait être longue et laborieuse et qu'un accord n'offrira pas le même degré de coopération.

Le Premier ministre recevra à cette fin dès lundi l'ensemble des partis représentés au parlement. "Il est important de prêter l'oreille à ce que disent les partisans du non", a-t-il dit. "Dès demain le gouvernement peut faire savoir aux autres pays européens que le Danemark souhaite des négociations" sur sa participation à Europol, a indiqué de son côté le leader de DF, Kristian Thulesen Dahl.

Prévu pour 2016 mais avancé afin d'éviter les interférences avec celui que le Royaume-Uni doit convoquer avant 2017 sur son appartenance à l'UE, le référendum danois proposait une coopération "à la carte" dans les domaines concernés, moyennant le maintien du pays dans Europol. En cas de oui, Copenhague aurait adopté 22 textes européens sur la lutte contre le trafic d'êtres humains, la pédophilie, la cybercriminalité et la fraude.

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