Les projets économiques en Italie font sursauter les marchés

Matteo Salvini ©BELGAIMAGE

Les investisseurs s’inquiètent de l’impact des projets économiques des futurs partis au pouvoir en Italie. "Ce n’était qu’une ébauche", ont tempéré la Ligue et le M5S.

"L’Italie fait peur". Le cri d’alarme de Christopher Dembik, responsable de la recherche macroéconomique de Saxo Bank, est peut-être exagéré mais il montre à quel point la situation politique chez nos voisins du sud est particulièrement observée. Et que la moindre nouvelle peut provoquer des soubresauts sur les marchés financiers.

Le Huffington Post Italia a publié mardi soir un document de 39 pages présenté comme un projet de contrat de gouvernement entre la Ligue et le Mouvement 5 Etoiles (M5S). Dans ce document, on découvre que les deux partis souhaiteraient une renégociation des contributions de l’Italie au budget de l’Union européenne, le démantèlement d’une réforme des retraites adoptée en 2011 et la création par l’Union européenne de procédures économiques et judiciaires permettant aux États membres de sortir de l’union monétaire. Les deux partis envisageraient également de demander à la Banque centrale européenne (BCE) l’annulation de 250 milliards d’euros de dette.

"L’Italie ne dispose pas du pouvoir de négociation avec l’Europe lui permettant une telle exigence, a réagi Giuseppe Sersale, gérant de fonds d’Anthilia Capital Partners à Milan. La proposition est irréalisable et vouée à l’échec. Cela explique la réaction négative des marchés."

À la Bourse de Milan, l’indice FTSE Mib a décroché de 2,32%. Côté obligataire, le rendement des obligations d’État italiennes (BTP) à dix ans a grimpé de 16 points de base, à 2,106%, et l’écart de rendement (spread) avec le Bund allemand s’est élargi à plus de 149 points de base. Soit son niveau au lendemain des élections législatives du 4 mars. "Les marchés obligataires ont ignoré le problème jusqu’à présent. Ce n’est que maintenant qu’ils commencent à se dire qu’il pourrait y avoir un revenu minimum et d’importantes baisses d’impôts, avec la menace d’un déficit budgétaire qui gonfle", a expliqué de son côté Michael Browne, gérant d’un fonds actions européennes chez Martin Currie.

Sur le marché des changes, l’euro a également mal réagi. La monnaie unique est passée sous le seuil de 1,18 dollar, pour retomber à 1,1780 dollar (vers 17h40).

Les deux partis ont voulu éteindre l’incendie en affirmant que le document publié était "dépassé" et "amplement modifié". Ils auraient décidé "de ne pas mettre en discussion la monnaie unique". Mais le mal était fait.

Lire également

Contenu sponsorisé

Partner content