Marine Le Pen veut surfer sur le "réveil des peuples"

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Dans un discours nationaliste louant notamment l'arrivée au pouvoir de Donald Trump, Marine Le Pen revendique le statut de candidate du peuple.

A moins de 80 jours de la présidentielle, Marine Le Pen a tenu dimanche un virulent discours nationaliste vantant "le réveil des peuples", portée par l'arrivée au pouvoir de Donald Trump et le scandale minant son rival de droite.

"L'impossible devient possible. Comme il est possible que des présidents comme Donald Trump non seulement soient élus contre un système coalisé mais surtout respectent leurs promesses", a lancé la candidate de l'extrême droite à Lyon (centre-est) lors du premier de ses dix meetings de campagne.

"Ce réveil des peuples est historique. Il marque la fin d'un cycle. Le vent de l'histoire a tourné, il nous portera au sommet", a-t-elle poursuivi, promettant de "remettre la France en ordre". "On est chez nous, on est chez nous", ont scandé en écho quelque 3.000 militants dans la salle.

La dirigeante du Front national (FN), 48 ans, est en tête des intentions de vote au premier tour du scrutin le 23 avril mais donnée battue au second tour le 7 mai.

Depuis le "Penelopegate" qui hypothèque la candidature du conservateur de droite François Fillon, jusque là considéré comme favori de la course, les sondages pronostiquent désormais un duel entre Marine Le Pen et le centriste Emmanuel Macron.

Forte d'un parti en progression constante à toutes les élections depuis 2011, la candidate mise sur le sentiment de déclassement des Français, confrontés à un chômage de masse, et aux peurs liées à l'immigration, l'islam et la sécurité dans un pays endeuillé par des attentats jihadistes sans précédent en 2015 et 2016.

L'attaque par un homme armé de machettes et criant "Allah Akbar" (Dieu est le plus grand, en arabe) d'une patrouille militaire vendredi au musée du Louvre à Paris a alimenté son discours sécuritaire et ses critiques sur "la faiblesse d'âme de nos dirigeants contre le fondamentalisme islamiste".

Dans la foule, Grégoire Laloux, étudiant de 21 ans, se dit séduit par "son discours sur le patriotisme, sa définition de l'identité française". Michel Ducreux, agriculteur de 54 ans, se retrouve, lui "sur son positionnement nationaliste, sa politique pour relancer l'emploi, pour les plus défavorisés".

Un référendum sur la priorité nationale, un autre sur le 'Frexit'

Marine Le Pen avait auparavant dévoilé ses mesures phares si elle est élue, dont deux référendums: l'un sur "la priorité nationale", l'autre sur l'appartenance à l'Union européenne.

Presqu'au même moment dimanche à Lyon, le candidat de la gauche radicale Jean-Luc Mélenchon revendiquait 12.000 personnes réunies à un meeting, suivi sous la forme d'un hologramme par des milliers d'autres à Paris.

L'"Europe, on la change ou on la quitte !" a clamé le candidat de "La France insoumise", dénonçant les traités européens et "un monde obscène où huit milliardaires possèdent autant que la moitié de l'humanité". Selon les intentions de vote, Jean-Luc Mélenchon ferme le ban des cinq principaux candidats, derrière le candidat du Parti socialiste, Benoît Hamon.

La veille dans cette même ville devenue le temps d'un week-end capitale politique, Emmanuel Macron, ex-ministre du gouvernement socialiste repositionné au centre, a défendu devant plus de 8.000 personnes les valeurs du progressisme.

Ces meetings clé interviennent après dix jours d'une campagne perturbée par des accusations d'emplois fictifs visant l'épouse de François Fillon, qui ont entraîné l'ouverture d'une enquête pour détournement de fonds publics.

Accusé d'avoir rémunéré pendant des années son épouse Penelope et deux de ses enfants pour un montant de près de 900.000 euros, le conservateur tente de contre-attaquer en accusant le pouvoir socialiste de chercher à l'"abattre".

Celui qui avait fait de la probité en politique un thème clé de sa campagne a promis qu'il "tiendra(it) bon" en dépit des appels à se retirer qui se multiplient dans son propre camp.

Marine Le Pen est elle-même visée par des accusations d'emploi fictif concernant une assistante payée sur des fonds européens pour rémunérer des collaborateurs de son parti. La candidate dénonce un "combat politique" du Parlement contre son parti.

Elle s'est présentée dimanche comme la "candidate de la France du peuple" face à "la droite du fric, la gauche du fric".

Sa nièce, la députée Marion Maréchal-Le Pen a de son côté appelé les sympathisants de François Fillon à se tourner vers "le plan M, le plan Marine" Le Pen, plutôt que vers un "Plan B" en cas d'éventuel nouveau candidat à droite.

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