"Nous détectons des campagnes de désinformation tous les jours" en période électorale

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Les géants du web ont accru leur collaboration avec la Commission européenne à la veille des élections. Mais leur effort n'est pas suffisant, constate l'exécutif européen. Des campagnes de désinformation continuent à sévir tous les jours, affirme la Commission.

"Peut mieux faire". Telle est la conclusion des services de la Commission européenne chargés de surveiller la manière dont Facebook, Twitter et Google luttent contre la désinformation, en particulier en période électorale.

Un vérificateur de faits de l'AFP ©AFP

Les règles sont inscrites dans un code de bonnes pratiques contre la désinformation signé par les géants du net en novembre dernier. Depuis, l'exécutif européen publie un rapport mensuel sur les progrès réalisés. Ce code est une réponse aux attaques lancées en 2015-2016 par des grandes puissances, Russie en tête, pour tenter d'influencer les élections en Europe.

Les réseaux sociaux, en particulier Facebook, ont accompli des progrès, mais ils sont encore insuffisants.

Des campagnes détectées tous les jours

Pour l'exécutif européen, le temps presse, car les attaques se poursuivent. Un système d'alerte rapide permet à la Commission de suivre de près les tentatives de manipulation et d'influence sur le net. 

"Nous détectons des campagnes de désinformation tous les jours", dit une source proche du dossier. "Par exemple, nous avons détecté une campagne de désinformation coordonnée pour empêcher les gens d'aller voter dans une zone précise en leur disant qu'il ne peuvent pas y aller ou en leur demandant de signer leur bulletin de vote avant de le mettre dans l'urne", poursuit cette source. 

"L'objectif des auteurs de ces campagnes est de briser la confiance dans les institution"
Une source européenne

"L'objectif des auteurs de ces campagnes est de briser la confiance dans les institutions", ajoute-t-elle. 

Publicités politiques

Les trois plateformes ont pris des mesures dans le cadre du code de conduite "pour contrer les utilisations de leurs services à des fins de manipulation, telles que les opérations de désinformation coordonnées", souligne la Commission. Elles ont aussi "créé des bibliothèques d'annonces à caractère politique, accessibles au public".

©EPA

Par contre "Google et Twitter n'ont pas encore réussi à mettre en oeuvre des mesures visant à détecter et assurer la transparence sur les publicités politiques, qui peuvent être à l'origine de débats publics clivants lors des élections et sont donc propices à la désinformation", déplore la Commission.

"Facebook est le bon élève, car il a détecté une série de problèmes", précise la Commission, "Google est toujours en train de réfléchir et n'a mis en place aucune solution avant les élections européennes".

Facebook, par exemple, a signalé avoir démantelé un réseau à "comportement coordonné non authentique" originaire de Russie et ciblant l'Ukraine

Twitter a fourni des chiffres sur les mesures prises contre le spam et les faux comptes, mais n'a pas fourni d'informations supplémentaires sur ces mesures, notamment sur la manière dont elles sont liées à des activités dans l'UE.

L'Europe encourage les géants du net à accélérer leur collaboration avec les vérificateurs de faits dans chaque État européen et avec les communautés de chercheurs.

L'Europe encourage les géants du net à accélérer leur collaboration avec les vérificateurs de faits dans chaque État européen et avec les communautés de chercheurs.

Microsoft devrait bientôt rejoindre les signataires de la charte, précise la Commission.

Fin 2019, la Commission procédera à une évaluation des 12 premiers mois d'application du code. "Si les résultats se révélaient insuffisants, elle pourrait proposer d'autres mesures, y compris de nature réglementaire", avertit-elle.

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