Nouvelles élections en vue en Espagne

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Les députés espagnols ont refusé mercredi de reconduire le conservateur Mariano Rajoy au pouvoir, prolongeant une crise de huit mois et déclenchant un compte à rebours avant la convocation des troisièmes élections en un an.

Les Cortes espagnols viennent de vivre une journée de débats animés, dans le cadre du vote de confiance sollicité par le chef du Parti Populaire (PP) Mariano Rajoy, qui réclamait son investiture alors qu'il était récemment parvenu à négocier un accord de gouvernement avec le parti de centre-droit Cuidadanos.

A l'issue du vote parlementaire, les deux partis réunis n'ont pas réussi à rassembler une majorité suffisante pour obtenir la confiance de l'assemblée, et ce en dépit du soutien d'un député issu de l'archipel des Canaries. Ensemble, ils n'ont représenté que 170 voix sur 350, alors que 176 voix étaient requises pour obtenir une majorité.

Le chef du Parti Socialiste avait d'avance prévenu qu'il ne soutiendrait pas un nouveau gouvernement de droite. L'issue de ce vote est donc loin d'être une surprise.

Un second vote vendredi, avant les urnes

Selon la Constitution espagnole, l'échec de la procédure d'investiture de ce  mercredi ouvre un nouveau délai de deux mois pour trouver une formule de gouvernement. Faute de quoi le parlement sera dissous automatiquement au 31 octobre et de nouvelles élections devront être convoquées. La Constitution prévoit néanmoins un second vote, qui aura lieu ce vendredi. Dans le cadre de ce vote, il suffira à Mariano Rajoy de recueillir plus de oui que de non pour être investi par la chambre. Mais, là encore, aucun des partis d'opposition n'est prêt à s'abstenir pour lui laisser la voie libre. Et dans ce cas, il faudra se rendre aux urnes.

A droite, le PP pourrait en théorie espérer élargir sa majorité après les élections régionales du 25 septembre au Pays basque. Si le Parti nationaliste basque (PNV) perdait la majorité absolue, il pourrait avoir besoin de l'appui du PP pour rester au pouvoir. M. Rajoy pourrait alors demander en échange l'appui des cinq députés du PNV à la chambre. Mais leurs relations se sont encore dégradées mercredi. "Vous n'avez pas fait le moindre effort pour obtenir notre vote (...) Nous ne voulons pas non plus voter pour vous", lui a lancé le chef du groupe parlementaire du PNV, Aitor Esteban. 

Des élections à Noël?

Selon les délais fixés par la loi électorale, la date choisie par M. Rajoy pour le débat de ce mercredi a mené à la convocation des prochaines élections le 25 décembreMais le PSOE a déjà préparé un amendement pour raccourcir la campagne, afin que le vote ait lieu le 18 décembre. Il a reçu pour cela l'appui de Ciudadanos et de Podemos, un signe que tous pensaient déjà qu'il faudrait retourner aux urnes...

Ce qui est en tout cas certain, c'est que la patience du peuple espagnole et sa confiance en la classe politique s'amenuisent un peu plus à chaque étape de cette crise politique.

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