portrait

Olaf Scholz, l’outsider arrivé en tête en Allemagne

Bien que les sociaux-démocrates du SPD soient arrivés en tête lors des élections allemandes, leur candidat, Olaf Scholz, n'est pas sûr de devenir le prochain chancelier.

Lorsqu’il débarque en campagne sur un marché ou un terrain de sport de Potsdam -sa circonscription - Olaf Scholz semble déplacé. Pour l’occasion, il a pourtant troqué son habituelle chemise blanche et sa cravate foncée pour un polo. Sans pour autant gagner en décontraction. Son uniforme est décidément le costume sombre, celui des banquiers et des hommes d’affaires que le ministre des Finances sortant a l’habitude de côtoyer.

Olaf Scholz pourrait succéder à Angela Merkel à la chancellerie s’il parvient à former une coalition avec les verts et les libéraux

Et voilà que le scénario qui semblait inimaginable voici un an encore pourrait devenir réalité: Olaf Scholz, 63 ans, candidat pâlot, dépourvu de tout charisme et en apparence d’empathie, gauche dans son contact avec l’homme de la rue, pourrait succéder à la Chancelière s’il parvient à former une coalition avec les verts et les libéraux. Son parti social-démocrate est arrivé en tête du scrutin dimanche, avec 25,7% des voix.

Bon gestionnaire

Face au vide laissé par Angela Merkel, l’ancien bourgmestre de Hambourg - perçu comme un pôle de stabilité - inspire confiance. Les Allemands le connaissent. Ils ont apprécié sa gestion de la crise financière, son intervention au secours des entreprises dans le sillage de la crise sanitaire et le soutien non bureaucratique promis aux victimes des inondations du mois de juillet dans l’ouest de l’Allemagne. Pendant toute la campagne, Scholz s’est présenté en successeur naturel de Merkel, avec qui il a travaillé sans heurts pendant la longue cohabitation qui vient de s’achever.

"Les Allemands le trouvent digne de confiance. En tant que ministre des Finances, il a fait preuve d'une grande compétence."
Gero Neugebauer
Politologue à l'Université libre de Berlin

"Les Allemands le trouvent digne de confiance, constate le politologue Gero Neugebauer, de l’Université Libre de Berlin. En tant que ministre des Finances, il a fait preuve d'une grande compétence. Autre atout pour lui, il n’y a pas de conflit entre le candidat et son parti, ce qui ne va pas de soi dans le camp social-démocrate." D’autant que le candidat - issu de l’aide droite du SPD - était un proche de l’ancien chancelier Gerhard Schröder, un pedigree qui a longtemps fait figure d’épouvantail au sein du parti.

"Il représente de ce qu’on a appelé ‘la bande à Schröder’, ce groupe au pouvoir qui a entraîné la chute de la sociale-démocratie en 2005, avec une remise en cause des valeurs de base telles que l’aspiration à l’égalité et la protection sociale pour les plus faibles, et a définitivement coupé les ponts avec la clientèle traditionnelle de son parti, les milieux ouvriers et les syndicats.

Programme peu ancré à gauche

Le programme du candidat Scholz n’a rien de renversant. Mise à part une timide hausse des impôts de trois points "pour ceux qui comme moi gagnent très bien leur vie" (un ministre allemand gagne environ 200.000 euros par an), la hausse du revenu minimum qu’il veut porter à 12 euros de l’heure (contre 9,50 euros à l’heure actuelle), son programme ne se distingue guère de celui des conservateurs. Et s’il assure vouloir faire quelque chose pour le climat, Olaf Scholz a surtout donné l’impression de ne pas vouloir effrayer les électeurs avec un programme chiffré qui pourrait coûter cher au contribuable.

Arrivé en tête du scrutin dimanche, Olaf Scholz doit désormais convaincre les verts et les libéraux de s’allier avec lui plutôt qu’avec les chrétiens-démocrates de la CDU d’Armin Laschet, une course au plus offrant qui pourrait durer plusieurs mois.

CV Express

  • 1958: naissance à Osnabrück
  • 1998: Il est élu député au Bundestag à l'âge de 40 ans
  • 2007: Scholz est ministre du Travail dans le premier exécutif de la chancelière Merkel
  • 2011: Le social-démocrate devient bourgmestre de Hambourg, poste qu'il occupera 7 ans
  • Depuis 2018: vice-chancelier et ministre des Finances dans le gouvernement Merkel IV

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