Pas de risque immédiat de référendum écossais pour Johnson

La Première ministre écossaise Nicola Sturgeon a remporté une victoire en trompe-l'œil. ©AFP

Malgré sa victoire lors des élections locales, le Scottish National Party n'a pas obtenu la majorité absolue qui aurait pu lui permettre d'accélérer son agenda indépendantiste.

Nicola Sturgeon a-t-elle péché par excès de précipitation? La question peut se poser, après la courte victoire du Scottish national party (SNP) lors des élections locales, la quatrième de suite. Une victoire trop courte pour les objectifs de la Première ministre écossaise et cheffe du parti, qui a principalement axé sa campagne sur l'organisation d'un second référendum pour l'indépendance. Quatre mois après l'entrée en vigueur du Brexit et alors que la crise pandémique n'est pas terminée, la scansion indépendantiste semble avoir été trop insistante et prématurée.

Le vote tactique des électeurs travaillistes et conservateurs a freiné l'élan des séparatistes. "Cette élection a révélé à quel point l'Écosse est politiquement divisée", estime le politologue John Curtice qui avait annoncé, avec trois jours d'avance, que le SNP manquerait d'un siège la majorité absolue.

Une nation partagée

À 50/50, la nation écossaise est clairement partagée entre les partis traditionnels du Royaume-Uni et les partis indépendantistes. Les sondages qui ont précédé cette élection révélaient d'ailleurs un rapport de forces équivalent, notamment après quelques hésitations de Nicola Sturgeon sur les risques d'une frontière physique entre l'Angleterre et l'Écosse. Et si une majorité d'Écossais se disaient favorables à l'organisation d'un référendum en cas de victoire du SNP, d'après l'institut Opinium, ils n'étaient que 28% à souhaiter sa tenue d'ici deux ans, selon la volonté de Sturgeon.

"Cette élection a révélé à quel point l'Écosse est politiquement divisée."
John Curtice
Politologue

La Première ministre est prise à son propre piège: elle ne peut plus faire marche arrière et doit assumer de porter cet agenda, mais sait en même temps qu'elle ne bénéficie pas encore de l'élan suffisant pour impulser une dynamique durable. Et les indépendantistes ne peuvent pas se permettre un deuxième échec en moins de dix ans, après celui de 2014, qui fut très net (55% contre 45%).

La COP26 en novembre

Boris Johnson a donc clairement repris l'avantage. Après avoir adopté une tactique très défensive, voire passive, depuis son arrivée à Downing Street à l'été 2019, il devrait passer à l'offensive dans les prochains mois. Ce plan de reconquête passera pas plusieurs milliards de livres d'investissements, dans les transports et les services de santé. Certaines prérogatives budgétaires du Parlement écossais pourraient même être enjambées, avec des aides spécifiques difficiles à refuser.

En Écosse, Boris Johnson prévoit un plan de plusieurs milliards de livres d'investissements, dans les transports et les services de santé.

Des ports francs pourraient aussi être créés à Aberdeen et Inverness. Jusqu'à 500 hauts fonctionnaires des différents ministères devraient par ailleurs être détachés à Glasgow d'ici 2024. C'est également cette ville qui accueillera la COP26 en novembre prochain, sous présidence du Royaume-Uni.

Lire également

Publicité
Publicité
Publicité

Messages sponsorisés

Messages sponsorisés