Percée des eurosceptiques aux Pays-Bas

Thierry Baudet, 36 ans, est connu pour ses propos controversés. Il a notamment jugé que "les femmes en général excellent moins professionnellement et sont moins ambitieuses". ©ANP

La coalition gouvernementale du Premier ministre néerlandais Mark Rutte a perdu mercredi sa majorité à la chambre haute du parlement à l'issue d'élections provinciales qui ont vu une forte poussée des populistes eurosceptiques, deux jours après l'attaque potentiellement "terroriste" à Utrecht.

Le Forum voor Democratie (FvD), la formation de droite du jeune populiste Thierry Baudet, a fait une entrée fracassante au sénat néerlandais en devenant le deuxième parti du pays. Il passe de 0 siège à 10, talonnant le parti du Premier ministre Mark Rutte (12 sièges), selon les dernières estimations. Cette percée va compliquer le travail de la coalition gouvernementale qui devra désormais s'appuyer sur d'autres partis pour faire passer ses lois.

Le VVD, formation de centre-droit du chef du gouvernement et les trois autres partis de la coalition n'ont plus que 31 sièges, contre 38 avant les élections, sur les 75 que compte le sénat. 

Le FvD a notamment grappillé des voix qui semblaient promises au Parti pour la liberté (PVV) anti-islam dirigé par le député d'extrême droite Geert Wilders, qui essuie un revers en passant de 9 à 6 sièges. 
GroenLinks, parti écologiste de gauche, a fait de bonnes affaires en passant de 4 à 8 sièges. Les membres du sénat seront officiellement nommés en mai par les 570 représentants élus lors de l'élection de mercredi dans les 12 provinces du royaume.

Un test avant les Européennes 

A deux mois des élections européennes, les résultats de ce scrutin étaient suivis avec attention au-delà des frontières. Les élections provinciales ont aussi pris des allures de référendum sur la politique de Mark Rutte, au pouvoir depuis 8 ans.

La fin de la campagne électorale a été marquée par la fusillade sanglante dans un tram à Utrecht. Cette possible attaque terroriste a fait trois morts et a encouragé des partis de droite à propulser le sujet de l'immigration au premier plan des derniers débats. Un suspect né en Turquie a été arrêté et la piste terroriste est étudiée "sérieusement". Après la fusillade d'Utrecht, tous les partis politiques avaient interrompu leur campagne lundi, à l'exception du FvD de Thierry Baudet, suscitant de vives critiques de la part des autres formations. 

Thierry Baudet, partisan du "Nexit"  

"L'arrogance et la stupidité" des partis aux pouvoirs "ont été punies", a déclaré le grand vainqueur des élections devant ses sympathisants. Thierry Baudet, jeune politicien télégénique de 36 ans est connu pour ses propos controversés, notamment sur l'immigration, l'égalité entre hommes et femmes ou encore sur la transition écologique qui, selon lui, "n'aide en rien la planète et coûte énormément d'argent". 

"Les gouvernements successifs de Rutte ont laissé les frontières grandes ouvertes et battu toujours plus de records d'immigration, laissant entrer des centaines de milliers de personnes de cultures totalement différentes de la nôtre", a-t-il lancé. "Nous l'avons vu lundi à Utrecht, des violeurs et des voleurs sont en liberté. C'est une honte", a-t-il ajouté, en référence aux démêlés judiciaires du principal suspect de la fusillade d'Utrecht né en Turquie. 

Par ailleurs, Thierry Baudet, intellectuel autoproclamé, a par le passé défendu un "Nexit", une sortie des Pays-Bas de l'Union européenne, avant de passer le mot sous silence au vu du chaos actuel autour du Brexit.

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