Pour son retour, Berlusconi joue la carte européenne

©REUTERS

Le "Cavaliere" revient sur le devant politique à l'occasion du lancement officiel de la campagne de son parti... même s'il ne pourra pas être élu suite à une condamnation pour corruption.

L'ancien président du conseil des ministres italien Silvio Berlusconi a fait son retour en politique ce dimanche. Et pour sa rentrée, le "Cavaliere" a surpris. Il a en effet déclaré vouloir davantage d'Europe notamment dans les domaines de la défense et des politiques extérieures, industrielles et fiscales. Il souhaite également rester membre de l'euro zone, "je ne pense pas que nous puissions quitter l'euro", a-t-il ajouté.

Pourquoi cette rentrée surprend-elle?

D'abord, le Peuple de la Liberté (créé en 2009 suite à la fusion entre Forza Italia, l'Alliance nationale et plusieurs petits partis) s'est allié avec des partis aux positions eurosceptiquesla Ligue du Nord et le Mouvement pour les autonomies. A trois, ils ont remporté 29,25% des voix en 2013 et selon les sondages, ils séduiraient déjà quelque 35%, ce qui en ferait le groupe le plus populaire. Il va être difficile de faire avaler "plus d'Europe" à ces deux partis.

Ensuite, Silvio Berlusconi avait fait chuter les marchés en août en déclarant vouloir introduire une monnaie parallèle aux côtés de l'euro. De plus en plus d'Italiens se disent hostiles à l'euro. Mais voilà qu'il ne parle plus de cet ambitieux projet et préfère insister sur la participation de l'Italie à la monnaie unique. 

Enfin, l'ancien chef du gouvernement est interdit de fonctions officielles jusqu'en 2019 suite à une condamnation pour corruption de sénateur. Mais ça ne semble pas stopper cette bête de la politique qui, à 81 ans, espère que la cour européenne des droits de l'homme lèvera cette interdiction en novembre. "Je m'attends à ce que l'Europe restaure mon honneur... mais quoi qu'il en soit, je vous promets que je ferai partie de la campagne électorale."

"Une grande victoire du centre-droit"

Les prochaines élections générales doivent se tenir avant le 20 mai et elles seraient attendues pour le mois de mars 2018. "Nous nous attendons à une grande victoire pour le centre-droit" a déclaré Silvio Berlusconi, estimant que le gouvernement actuel de centre-gauche ne sera pas prolongé vu la tendance générale au sein de l'Union européenne. 

"Nous nous attendons à une grande victoire pour le centre-droit."
Sylvio Berlusconi

Il s'en est également pris au Mouvement 5 Étoiles qui, selon les sondages, serait le parti qui remporterait le plus de voix (30%). Il a estimé que Luigi Di Maio, le probable candidat premier ministre était "une petite météorite politique" sans savoir-faire pratique.

Si le Peuple de la Liberté revient au pouvoir, il a déclaré qu'il introduirait une taxe forfaitaire et éliminerait la taxe sur les successions, augmenterait les pensions minimales, offirait des pensions aux femmes au foyer et donnerait plus aux familles appauvries.

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