Raz de marée écologiste en Suisse

Les Verts lors de leur victoire à Bern. ©Hollandse Hoogte / EPA

Une vague verte historique s'est abattue dimanche en Suisse lors des élections législatives, à l'issue desquelles la droite populiste de l'UDC, qui a fait campagne contre l'immigration, reste toutefois la première force politique du pays.

Selon les résultats définitifs des élections législatives tenues ce dimanche en Suisse, les Verts (gauche) sont désormais le quatrième parti au Conseil national (Chambre basse) devant le parti démocrate-chrétien (PDC, centre), et talonnent d’une voix le Parti libéral-radical (PLR, droite). Ils aspirent désormais à accéder pour la première fois au gouvernement, où tous les grands partis se partagent les sept places de ministres selon une formule dite "magique".

Après un scrutin aux allures de "changement tectonique, (…) on doit peut-être discuter une nouvelle formule magique", a déclaré la présidente des Verts, Regula Rytz. Une idée que les socialistes ont immédiatement soutenue. Au total, les Verts ont obtenu 17 députés supplémentaires, pour un total de 28 sièges (13,2% des voix), au terme d’une campagne largement marquée par la question du changement climatique.

Les Vert’libéraux ont eux bondi de 9 députés, passant à 16 sièges (7,8% des voix). "Plus qu’une vague, un raz de marée à l’échelle suisse!" a déclaré le politologue Pascal Sciarini.

Les Verts ont réclamé la "tenue urgente d’un sommet national pour le climat".

Les Verts ont réclamé la "tenue urgente d’un sommet national pour le climat". Et pour Greenpeace "le résultat de ces élections donne un mandat clair au Parlement". Les appels de la jeune activiste écologiste Greta Thunberg ont particulièrement résonné en Suisse, où de nombreuses villes et cantons ont proclamé l’"état d’urgence climatique", tandis que des dizaines de milliers de personnes ont participé aux grèves pour le climat. Ils étaient encore 100.000 à Berne fin septembre.

L’ampleur de la poussée des partis écologistes constituait la principale inconnue du scrutin, destiné à renouveler les 200 conseillers nationaux (Chambre basse), élus à la proportionnelle, et les 46 conseillers aux États (Chambre haute), désignés selon un système majoritaire à deux tours. La date du 2e tour varie selon les cantons.

L’UDC en retrait

En constante progression depuis les années 1990, les populistes de droite de l’Union démocratique du centre (UDC), dont les affiches aux relents xénophobes font régulièrement polémique, sont sortis affaiblis du scrutin, perdant 12 sièges, avec 25,6% des voix (obtenant au total 54 sièges), contre 29,4% en 2015. Pour le politologue Oscar Mazzoleni, spécialiste de la droite populiste, l’UDC, dont la base électorale est vieillissante, "n’a pas réussi à mobiliser les jeunes". Le parti a également pâti du fait que la thématique migratoire, centrale en 2015, "n’est plus à la Une". L’UDC a été le seul parti à dénoncer une "hystérie climatique".

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