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Sadiq Khan, le cache-misère du Labour

Malgré les mauvaises nouvelles qui ont frappé la capitale britannique, Sadiq Khan devrait être réélu maire de Londres ce jeudi. ©AFP

Le maire de Londres devrait être réélu ce jeudi et atténuer le nouvel échec électoral qui se profile pour le parti travailliste.

En ce jour d'élections municipales, aucun Londonien n'aura l'audace d'affirmer que la vie s'est améliorée dans la capitale britannique. Le contraste avec la situation de mai 2016, au moment de l'élection de Sadiq Khan, est impressionnant. En cinq ans, Londres a subi de plein fouet le Brexit, les attentats terroristes de Westminster et de London Bridge, et la pandémie.

Sadiq Khan est le net favori de ce scrutin, face au conservateur Shaun Bailey.

Le flux de travailleurs européens s'est progressivement tari, jusqu'à inquiéter les entreprises à la recherche de main d'œuvre bon marché ou de talents issus de la diversité. La City a encore des ressources, mais subit l'absence d'accord avec l'Union européenne sur les équivalences financières. La pandémie a, comme partout, vidé les rues et les bureaux, et enclenché une dynamique de rurbanisation dont la portée est encore difficile à mesurer.

Loin d'être positif

Les attaques ont alourdi l'atmosphère d'un sentiment permanent d'insécurité, renforcé par le volume effroyablement élevé d'agressions au couteau. Ce phénomène n'est pas nouveau, et n'a quasiment jamais de motif religieux. Mais les 100 à 150 agressions mortelles chaque année, dont plus de la moitié à l'arme blanche, disent quelque chose de l'état actuel du tissu social. Ce n'est pas un hasard si la lutte contre la criminalité a été citée comme la priorité des Londoniens dans un sondage réalisé avant ce scrutin, devant les soins de santé et l'accès au logement.

15.928
15.928 agressions à l'arme blanche ont été enregistrées à Londres entre 2019 et 2020, contre 9.752 cinq ans plus tôt.

Le bilan du premier mandat de Khan est donc loin d'être positif, mais ne pouvait décidément pas l'être face à l'ampleur des chocs de ces dernières années. Il est donc bien le net favori de ce scrutin, face au conservateur Shaun Bailey, qui n'est pas parvenu à faire la différence sur ces questions prioritaires de sécurité, un thème potentiellement favorable à la droite britannique.

Khan a été l'antithèse de Boris Johnson pendant les huit années que l'actuel Premier ministre avait passées à la tête du Greater London. Ses faux pas sont beaucoup plus rares, ses engagements plus prudents.

Un destin national?

Cet ancien avocat s'est seulement permis deux promesses de campagne spectaculaires. Il s'est ainsi engagé à créer une commission de réflexion pour la légalisation du cannabis, à l'image de ce qui vient d'être fait à New York, et a annoncé que Londres se porterait candidate aux Jeux olympiques de 2036 ou 2040.

Keir Starmer, leader du Labour a admis que le parti avait "une montagne à gravir" pour effacer les pertes historiques des dernières élections générales de 2019.

Son quasi sans faute peut-il, après son second mandat, le propulser vers un destin national? Sa victoire probable ce jeudi tranchera en tout cas avec le nouveau camouflet électoral qui est annoncé pour le Labour. Son leader Keir Starmer, nommé il y a un peu plus d'un an à la succession de Jeremy Corbyn, peine à s'imposer face à Boris Johnson. Après avoir cédé du terrain au moment du deuxième confinement, à l'automne, le parti conservateur a repris une nette avance dans les sondages. Le programme de vaccination, mené tambour battant et sans aucune erreur notable, a beaucoup contribué à ce regain de confiance.

Keir Starmer a admis que le parti avait "une montagne à gravir" pour effacer les pertes historiques des dernières élections générales de 2019, pendant lesquelles le parti tory avait fait tomber une grande partie du fameux "mur rouge" du Labour dans le nord-est de l'Angleterre. Tout indique que Boris Johnson va, au minimum, réussir à préserver les acquis de ce qui avait parachevé le Brexit.

Le résumé

  • Les électeurs britanniques sont appelés aux urnes jeudi pour les élections locales, le premier scrutin depuis le début de la pandémie causée par le coronavirus et l'entrée en vigueur du Brexit.
  • Cinq ans après être devenu le premier maire musulman d'une capitale de pays occidental, le travailliste Sadiq Khan est en voie de décrocher un nouveau mandat à Londres, où il a succédé à Boris Johnson.
  • La bilan de Sadiq Khan est pourtant assez moyen.
  • Sadiq Khan représente une lueur dans la grisaille pour le Labour, toujours en difficulté au niveau national.

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