portrait

Sandrine Rousseau, une écoféministe radicale

Cette ancienne économiste a créé la surprise en raflant la seconde place à la primaire écologiste française. Juste derrière Yannick Jadot.

"J'irai jusqu'au bout et vous serez surpris du résultat." Cheveux courts grisonnants, lunettes fines et regard intense, Sandrine Rousseau ne se départ pas de son assurance. Qui plus est depuis dimanche dernier, le 19 septembre. Arrivée seconde (25,14%), juste derrière le favori Yannick Jadot (27,7%), à l'issue du premier tour de la primaire écologiste, l'écoféministe française, encore peu connue du grand public, a surpris par son score, et surtout son franc-parler. "Ce résultat, finalement, n'est une surprise que pour les personnes qui n'ont pas saisi, ou qui n'ont pas voulu voir, les évolutions de la société. C'est un mouvement de fond", a-t-elle déclaré à la tribune à l'issue de ce premier vote.

Une radicalité assumée

Vice-présidente de l'université de Lille, cette enseignante chercheuse de 49 ans, fille d'inspecteurs des impôts de gauche, est une écologiste de la première heure. Outre ses travaux sur l'économie de l'environnement, puis sur la responsabilité sociétale des entreprises, elle milite auprès d'Europe Ecologie Les Verts (EELV) dès sa création, en 2009.

"Le seul moyen de s'en sortir, c'est la radicalité. Le réalisme, c'est d'être radical. La radicalité est une manière de nous protéger, nous et nos enfants."

Entre 2010 et 2015, elle devient à ce titre vice-présidente du conseil régional du Nord, et mène en parallèle des fonctions au sein du parti au sein duquel elle incarne un courant jusqu'au-boutiste, a contrario de celui, "plus ouvert", de son rival Yannick Jadot. "Le seul moyen de s'en sortir, c'est la radicalité. Le réalisme, c'est d'être radical. La radicalité est une manière de nous protéger, nous et nos enfants", assure-t-elle en défendant à la fois un revenu d'existence (800 euros par mois pour les plus de 18 ans), une taxe carbone pour les entreprises ou encore le crime d'écocide.

Une posture très appréciée des militants, mais qui n'est pas sans susciter des railleries chez les plus modérés. "Sandrine Rousseau est complètement déconnectée de la réalité", juge par exemple Barbara Pompili, l'actuelle ministre de la transition écologique du gouvernement Macron. Pour appuyer ses propos, elle cite la volonté de la candidate verte de vouloir "baisser la production d'électricité".

Figure de l'"affaire Baupin"

Autre trait caractéristique de son profil, le féminisme. Là encore, la combative Sandrine Rousseau l'assume et s'appuie aussi sur son vécu. À l'instar d'autres femmes du parti, elle fut à l'initiative des plaintes à l'encontre de l'ancien député écologiste Denis Baupin pour agressions et harcèlement sexuels.

Une expérience qui la conduira à s'effacer quelque temps de la vie politique, à quitter le parti où elle vivait alors une forme d'ostracisme. "Des gens ont refusé de me faire la bise, de me serrer la main ou même de prendre l'ascenseur avec moi", révélera après-coup dans L'Obs cette mère de trois enfants.

En réponse, elle crée "Parler", une association qui organise des rencontres de femmes victimes de violences sexuelles. Et qui, depuis, a essaimé dans une dizaine de villes de France. Pour ses défenseurs, son score à la primaire montre une chose, que "son offre répond à de réelles attentes". À voir, si cela lui suffira pour renverser la table. Réponse à l'issue du deuxième tour, qui se tient en ligne du 25 au 28 septembre. 

Sandrine Rousseau en 5 dates

2009: adhère à Europe Ecologie Les Verts (EELV).

2010: vice-présidente du conseil régional du Nord.

2016: nommée secrétaire nationale adjointe d'EELV.

2017: quitte le parti suite à l'"affaire Baupin".

2020: adhère de nouveau à EELV et annonce vouloir se présenter aux primaires.

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