Sebastian Kurz sur du velours en Autriche

Sebastian Kurz et Norbert Hofer. ©AFP

Sebastian Kurz devrait être largement conforté lors des législatives anticipées qui se tiennent ce dimanche en Autriche. Après avoir gouverné avec l’extrême-droite, le Chancelier conservateur pourrait, cette fois, se tourner vers la gauche.

Les Autrichiens retournent aux urnes dimanche pour rebattre les cartes de leur Parlement, après l’éclatement de l’attelage gouvernemental qui réunissait conservateurs et extrême-droite. Si une percée du (petit) parti vert est annoncée, les grands équilibres ne devraient pas en sortir chamboulés. Le grand vainqueur annoncé par tous les instituts de sondage n’est autre que l’ÖVP du chancelier Sebastian Kurz.

33%
Crédité de 33% des intentions de vote, le chancelier Sebastian Kurz pourrait même gagner quelques points par rapport aux législatives de 2017.

Après avoir ouvert les portes du pouvoir au parti d’extrême-droite FPÖ, il ne semble pas le moins du monde souffrir de la dégradation de l’image de son partenaire, en proie aux scandales. Le plus jeune chef de gouvernement d’Europe peut même s’attendre à gagner quelques points par rapport aux législatives de 2017 et les sondeurs le créditent d’environ 33% des intentions de vote – très loin devant ses premiers poursuivants socialistes (23%).

Depuis les dernières législatives, les intentions de vote pour les sociaux-chrétiens restent supérieures mais proches de celles pour l’extrême droite, créditée d’un cinquième des voix environ. Le scrutin de dimanche devrait par contre être marqué par une forte progression des Verts: de 4% aux législatives de 2017, ils peuvent espérer dépasser largement la barre des 10% dimanche, ce qui marquerait leur retour au Parlement.

L’embarras du choix

Le problème de Kurz sera donc moins de gagner le scrutin que de choisir son – ou ses – partenaire(s) de coalition.

L’Autriche s’attend à vivre une phase de négociation longue et difficile.

Rien ne semble devoir l’empêcher de reconduire son alliance avec l’extrême-droite. Si les sondages se vérifient, un tandem avec le FPÖ pourrait suffire à contrôler le Parlement. Mais ce serait rempiler avec un parti en proie aux scandales. Il y a bien sûr l’"Ibizagate", à l’origine de ce scrutin anticipé: en mai, une vidéo montrant le chef du parti, Heinz-Christian Strache, en train de se compromettre avec une personne qu’il croyait être l’intermédiaire d’un oligarque russe, avait provoqué une onde de choc bien au-delà des frontières autrichiennes. Depuis, alors que Norbert Hofer a repris les commandes du parti, des révélations de malversations ont encore entaché la campagne du parti.

Si Sebastian Kurz envoie volontiers des signaux dans toutes les directions, le scénario d’une alliance avec un ou des partis du centre ou de la gauche a les faveurs des commentateurs politiques en Autriche.

Une option évidente sur le papier serait le retour d’une alliance classique avec les socialistes. Menés par Pamela Rendi-Wagner, ils apporteraient aux conservateurs assez de sièges pour former une majorité confortable. Des poids lourds de l’ÖVP appuient ce scénario d’un retour au bon vieux tandem gauche-droite. Mais ce scénario compliqué par de fortes divergences de vues entre les deux formations sur les questions socio-économiques.

Verts et bleus

Sebastian Kurz pourrait aussi vouloir s’allier au parti promis à la progression la plus spectaculaire: les Verts. Le parti se dit déjà prêt à négocier à condition que le chef des conservateurs se montre sérieux sur un paquet d’investissement public vert, a fait savoir cette semaine le porte-parole des écologistes, Werner Kogler.

Le rapprochement serait d’autant plus naturel que cette campagne électorale a bien plus été marquée par les sujets climatiques que par la question migratoire, moteur du FPÖ. Mais si les écologistes ont le vent en poupe, leurs résultats ne devraient pas suffire à donner à la future coalition une majorité au Parlement. Une tripartite pourrait dès lors être envisagée, par exemple avec les libéraux (Neos).

Quelle que soit la direction dans laquelle regardera Sebastian Kurz après le scrutin de dimanche, l’Autriche s’attend à vivre une phase de négociation longue et difficile.

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