Un accord de coalition se profile en Allemagne

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Les dirigeants de la CDU-CSU et ceux du SPD semblent proches d'un accord. Les négociateurs des deux camps veulent toutefois se donner encore du temps pour parvenir à un accord permettant de reconduire la "grande coalition" droite-gauche.

Les billets retour ont, une nouvelle fois, du être modifiés et les plateaux-repas commandés à la va-vite. Les nuits blanches se suivent et se ressemblent au siège du parti social-démocrate à Berlin. Lundi, les conservateurs de la CDU-CSU et les dirigeants du SPD se sont une nouvelle fois retrouvés dans les locaux de la Willy Brandt Haus pour peaufiner les derniers détails du programme gouvernemental, qui devrait leur permettre de reconduire la grande coalition sortante.

Un certain optimisme était affiché dans l'après-midi par la plupart des politiciens impliqués dans les débats. "Je pense qu’on va y arriver, jugeait la ministre sociale-démocrate de la famille, Katarina Barley. Il y a de bonnes chances."

La vice-présidente de la CDU voulait, elle aussi, rester positive. "Je suis confiante, même si j’ai repoussé mon vol à demain, affirmait Julia Klöckner. Nous sommes dans la dernière ligne droite, mais nous ne sommes pas encore prêts."

Au final, la journée s'est terminée sur des avancées mais pas d'accord.  "Je pense que nous avons 90-95%, mais les 5% restants sont importants", a déclaré Carsten Schneider, qui négocie pour les sociaux-démocrates. Ce mardi sera peut-être la journée des décisions, même si les négociateurs sont veulent se donner le temps. 

La chancelière sortante, Angela Merkel, s'est dit même prête à des "compromis douloureux" pour arracher un accord de coalition. "J'y suis prête si nous pouvons garantir que les avantages au final seront supérieurs aux inconvénients", a-t-elle ajouté, soulignant qu'il en allait de "l'intérêt supérieur du pays".

Deux dossiers, qui tiennent particulièrement à cœur au SPD, semblaient provoquer toujours de vives tensions avec les proches d’Angela Merkel:
• la réforme du système d’assurance santé pour réduire les inégalités entre les assurés publics et privés.  Le parti s'est en effet engagé à soumettre tout accord de gouvernement qui serait conclu au vote de ses 443.000 membres. 
• l’encadrement strict des contrats de travail à durée déterminée

Le leader social-démocrate, Martin Schulz, a, lui, révélé qu’un accord avait été conclu au sujet de la politique européenne de l’Allemagne. Cette entente représente, pour l’ancien président du Parlement européen, "un nouveau signal de départ ô combien nécessaire pour l’Europe". Le chef du SPD a jugé que ce compromis garantissait "davantage d’investissements" en Europe ainsi qu’un "budget d’investissement pour la zone euro", une réforme souhaitée par Emmanuel Macron.

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Le texte imposerait également "une taxation juste pour les entreprises et en particulier pour les géants de l’internet comme Google, Apple, Facebook et Amazon en Europe". Les leaders de la CDU, de la CSU et du SPD devraient tenir, ce mardi matin, une conférence de presse à Berlin pour détailler les modalités de leur programme qui devrait remplir, selon Julia Klöckner, près de 200 pages…

Ce compromis, scellé plus de quatre mois après les législatives du 24 septembre, ne sortira pas immédiatement l’Allemagne de l’impasse politique. L’accord de gouvernement doit, en effet, obtenir le soutien de la majorité des 440.000 militants sociaux-démocrates au cours d’un vote postal étalé sur plusieurs semaines en février ou en mars. Ce scrutin risque d’être très serré.

En cas de rejet, Angela devra se résoudre à diriger un gouvernement minoritaire ou accepter l’organisation de nouvelles élections qui pourraient confirmer la chute de sa popularité ainsi que celle du SPD et profiter au parti d’extrême droite AfD.

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