Publicité
Publicité

Un radical à la tête du Labour

©REUTERS

Jeremy Corbyn, eurosceptique et proche de l'extrême-gauche, a été élu à la tête du parti travailliste britannique samedi, lors des élections internes du Labour.

Jeremy Corbyn, chantre de la gauche radicale britannique, a été élu haut la main samedi chef du Parti travailliste et a immédiatement plaidé pour "une société meilleure et juste".
L'eurosceptique de 66 ans, farouche opposant des politiques d'austérité dans la lignée des partis grec Syriza et espagnol Podemos, l'a emporté avec 59,5% des voix, selon les résultats annoncés à Londres lors d'un congrès exceptionnel du Labour, principal parti d'opposition britannique.

Il n'a fait qu'une bouchée de ses trois rivaux, Andy Burnham, Yvette Cooper et Liz Kendall.

La campagne pour cette élection "a montré que notre parti et notre mouvement, passionné, démocrate, divers, était uni et résolument déterminé dans notre quête pour une société meilleure et juste pour tous", a déclaré M. Corbyn, 66 ans, s'exprimant sur un ton passionné juste après son élection.

Se concentrant sur les questions de politique intérieure, il a condamné "les inégalités qui ont atteint des proportions grotesques" et dénoncé "un système de protection sociale injuste"
Il a appelé le gouvernement conservateur à plus de "compassion" envers les réfugiés qui cherchent asile en Europe et annoncé qu'il prendrait part à la manifestation prévue sur ce thème dans la journée à Londres.

Le député d'Islington Nord, dans le nord de Londres, avait relancé de façon inattendue et spectaculaire la course pour le leadership du Labour, ouverte après la défaite d'Ed Miliband aux législatives de mai dernier.

 

Jeremy Corbyn est un vétéran de la politique britannique. Député issu d'Islington-Nord (nord de Londres), il a été élu pour la première fois en 1983. C'est le premier leader qui se situe aussi à gauche sur l'échiquier du parti travailliste depuis 30 ans.

Antimilitariste, eurosceptique, partisan d'une politique fiscale taxant davantage les plus riches, Corbyn est parvenu à rallier les militants en quête d'alternative politique, créant un engouement d'une intensité que les caciques du Labour étaient loin d'imaginer.

Dans son propre camp, il ne suscite pas l'adhésion de tous. Certains au Labour craignent que sa victoire ne divise le parti et compromette ses chances d'accéder au pouvoir en 2020. 

"Il triomphe parce qu'il représente un rejet de la politique classique et parce que les autres candidats n'ont pas su inspirer l'enthousiasme ou l'espoir", soulignait récemment Andrew Harrop, secrétaire général de la Fabian Society, un think tank de centre gauche.

Les attaques sont également venues de la droite, même si les observateurs estiment qu'un Labour dirigé par Corbyn représente une chance formidable pour les conservateurs, qui pourraient récupérer les centristes échaudés par son radicalisme.

Anti-Blair

A défaut d'emporter l'adhésion de ses collègues députés, Corbyn a su séduire la base du parti et les syndicats en prônant un virage à gauche toute, avec des propositions comme la renationalisation des chemins de fer et de l'énergie ou le contrôle des loyers.

C'est peu de dire que Tony Blair ne figure pas parmi ses partisans. "Vous ne gagnez pas avec un programme à gauche de la gauche", a lâché le leader.

Cette désignation est une étape stratégique dans la vie du Labour puisque Corbyn aura la responsabilité de remettre le parti sur les rails après sa lourde défaite aux élections législatives du 7 mai face aux conservateurs du Premier ministre David Cameron.

En succédant à Ed Miliband, il aura également pour mission de conduire le parti d'opposition jusqu'au prochain scrutin législatif de 2020, et en serait alors le candidat naturel pour tenter de mettre fin à 10 ans de règne des tories.

Lire également

Publicité
Publicité
Publicité

Messages sponsorisés

Messages sponsorisés