portrait

Xavier Bertrand, le "petit assureur" qui rêve de l'Élysée

Et si c'était lui, le futur président français? Grand vainqueur du premier tour des élections régionales dans les Hauts-de-France, Xavier Bertrand construit méthodiquement son rêve: prendre place à l'Élysée.

"Nous avons desserré, pour les briser, les mâchoires du Front national". Xavier Bertrand savourait dimanche soir son résultat au premier tour des élections régionales dans les Hauts-de-France. Avec plus de 41% des voix, sa reconduction à la tête de cette région, qui rassemble le Nord-Pas-de-Calais et la Picardie, est quasi assurée. Il a devancé largement Sébastien Chenu, lieutenant de Marine Le Pen (24%) et a infligé un camouflet à La République en marche, le parti macroniste, en éliminant son candidat Laurent Pietraszewski (9%), figure certes peu connue, mais soutenue par pas moins de cinq ministres durant la campagne.

Alors qu'il avait mis tout son avenir politique dans la balance, ce succès probant vient légitimer sa candidature, annoncée en mars, à l'élection présidentielle qui se tiendra au printemps 2022.

À 56 ans, Xavier Bertrand incarne la résurrection de la droite traditionnelle française, qui a réalisé de bonnes performances lors de ce scrutin, même s'il a personnellement quitté "Les Républicains" (LR) en 2017 en raison de divergences sur la ligne du parti. Il instille ainsi le doute sur l'issue de la future présidentielle: le match Macron – Le Pen, que tous les instituts de sondage prévoient, n'est plus une certitude, d'autant que l'abstention massive brouille les cartes.

Dynamique favorable

La route vers l'Elysée reste toutefois encore longue pour Xavier Bertrand. Les sondages lui octroient environ 15% d'intentions de vote. Encore trop peu. S'il veut être adoubé comme candidat de la droite républicaine, il lui faudra aussi passer devant quelques concurrents solides chez LR (Valérie Pécresse, Michel Barnier, Bruno Retailleau...). Mais la dynamique lui est désormais favorable, il en est le meilleur espoir avéré. Et, chuchotent certains, c'est aussi celui qui est "le plus ambitieux", "celui qui a le plus faim".

Père de quatre enfants, ancien maire de Saint-Quentin, ancien député de l'Aisne, ancien ministre du Travail de Nicolas Sarkozy, Xavier Bertrand mise sur un discours de proximité en phase avec les réalités du terrain. Il revendique d'ailleurs son passé de petit agent d'assurances à Flavy-le-Martel, loin des élites parisiennes. "Ce n'est pas la même chose que banquier d'affaires ou héritière", glissait-il au Point en mars, en allusion aux CV d'Emmanuel Macron et de Marine Le Pen.

Réputé pugnace et travailleur, ce diplômé en droit vante son expérience et son bon sens. Considéré comme un "modéré", il se décrit comme un "gaulliste social (...) qui veut l'ordre et la justice". Il affiche des positionnements fermes sur l'immigration et la sécurité. Il vante la "valeur travail", se montre proche des agriculteurs, est pro-nucléaire et promeut le libéralisme économique. Bref, un positionnement classique de la droite. Contrairement à d'autres dans son camp, il reste farouchement hostile à tout rapprochement avec le Rassemblement national de Marine Le Pen.

Considéré comme proche du Premier ministre Jean Castex et ami du ministre de l'Intérieur Gérald Darmanin, ce fin tacticien, réputé pour son organisation méthodique, fut même un temps courtisé, en 2017, par Emmanuel Macron pour faire partie de son gouvernement. Aujourd'hui, il rêve plus que jamais de le déloger de l'Elysée.

CV Express

  • Né le 21 mars 1965 à Châlons-sur-Marne.
  • Ministre de la Santé dans le gouvernement de Villepin (2005-2007), puis ministre du Travail dans les gouvernements Fillon (2007-2009/2010-2012).
  • Président de la région Hauts-de-France en 2015.
  • Quitte le parti Les Républicains en 2017, après avoir été secrétaire général de l'UMP (l'ancien nom de LR) de 2008 à 2010.
  • Annonce en mars 2021 sa candidature à la présidentielle 2022.

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