1 milliardaire britannique sur 3 place sa fortune dans des paradis fiscaux

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Un tiers des milliardaires issus de Grande-Bretagne placent leur fortune dans des paradis fiscaux. Par ailleurs, des paradis fiscaux notoires pourraient échapper à la liste noire de l'UE, s'alarme Oxfam.

Un tiers des milliardaires britanniques placent leur fortune dans des paradis fiscaux. Ce chiffre pour le moins interpellant est rapporté ce jeudi par le Times dans une enquête qui parle d'un véritable exode lors de la dernière décennie. Le quotidien explique avoir trouvé que 28 des 93 milliardaires britanniques avaient placé leur argent dans des territoires à très faible imposition ou étaient sur le point de le faire. Parmi ceux-ci, la moitié l'on fait lors de la décennie écoulée.

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28 des 93 milliardaires britanniques ont placé leur argent dans des territoires à très faible imposition ou sont sur le point de le faire.

Le Times explique que les destinations les plus populaires pour l'argent des très riches Britanniques sont Monaco, les îles anglo-normandes de Jersey et Guernesey, ainsi que la Suisse. L'avantage pour eux est qu'en choisissant un régime fiscal de non-résident au Royaume-Uni, ils peuvent continuer de posséder des entreprises dans le pays tout en évitant de payer un impôt de 38,1% sur les dividendes et une taxe de 20% sur les gains en capital réalisés en cas de revente d'actions.

Au-delà des milliardaires, le quotidien souligne que 6.800 Britanniques ayant établi leur résidence dans un paradis fiscal contrôlent quelque 12.000 entreprises établies au Royaume-Uni. Au final, des milliards de livres d'impôt échappent au Trésor britannique, assure-t-il. Parmi les cas les plus connus, le patron du groupe de pétrochimie Ineos Jim Ratcliffe, première fortune britannique en 2018, s'était attiré les critiques l'été dernier lorsque la presse avait rapporté qu'il transférait sa fortune à Monaco.

Il y a trois jours, une vive polémique a éclaté au Parlement britannique autour d'un amendement d'une loi visant à renforcer la transparence fiscale des entreprises sur les îles anglo-normandes et l'île de Man.

Il y a trois jours, une vive polémique a éclaté au Parlement britannique autour d'un amendement d'une loi visant à renforcer la transparence fiscale des entreprises sur les îles anglo-normandes et l'île de Man. L'Union européenne a menacé d'inclure ces trois îles dans sa liste des paradis fiscaux cette année si aucune législation n'était adoptée pour renforcer la transparence.

Mais le gouvernement conservateur a reporté l'examen du projet de loi qui comportait un amendement visant à contraindre ces îles de rendre publics les propriétaires des entreprises enregistrées sur leur sol. D'après le texte, les noms de ceux qui possèdent plus de 25% de toute société déclarée sur place devaient être obligatoirement rendus publics d'ici à la fin 2020. Les représentants des trois îles concernées étaient vent debout contre cet amendement et le gouvernement britannique a souligné que ces territoires étaient autonomes sur le plan fiscal.

La liste noire de l'UE trop incomplète?

Par ailleurs, l'organisation non gouvernementale Oxfam dit craindre de voir neuf des pires paradis fiscaux du monde, selon elle, échapper à la liste noire de l'UE. Mardi prochain, les 28 ministres des Finances de l'Union, réunis à Bruxelles, doivent actualiser leur liste noire, qui ne contient actuellement plus que cinq pays - Samoa, les Samoa américaines, les Îles Vierges américaines, Trinité-et-Tobago et Guam -. Cette liste devrait, selon deux sources à Bruxelles, être quelque peu étoffée de nouveaux pays, dont on ignore encore les noms.

Cependant, s'insurge Oxfam, "les Bahamas, les Bermudes, les Îles Vierges britanniques, les Îles Caïmans, Guernesey, Hong Kong, l'Île de Man, Jersey et Panama vont probablement sortir totalement du processus de listage de l'UE".

Ces pays se trouvent actuellement sur la liste dite "grise", celle de pays ayant pris des engagements de bonne conduite en matière fiscale qui font l'objet d'un suivi. Actuellement, il y a 63 pays qui figurent encore sur la liste grise, sorte de purgatoire par rapport à la liste noire. Et pourtant, certains sont au centre de récents scandales, révélés par le Consortium international des journalistes d'investigation (ICIJ), dans les "Paradise Papers" en novembre 2017 et les "Panama Papers" en 2016, s'insurge Oxfam.

La liste noire de l'UE, adoptée le 5 décembre 2017 - une première dans l'histoire de l'Union - contenait au départ 17 pays. Mais elle avait déjà été réduite de moitié le 23 janvier 2018, huit pays, dont le Panama, ayant fourni des engagements de bonne conduite et passant sur la liste grise. Cette décision avait provoqué l'indignation de nombreuses ONG.

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