200 disparus dans un naufrage

Les migrants ont été sauvés par la marine irlandaise. ©REUTERS

Plus de 200 personnes sont portées disparues au large des côtes libyennes après le naufrage d'un bateau de pêche surchargé de migrants. Il y a 367 survivants.

"Des gens s'agrippaient désespérément à des gilets de sauvetages, à des bateaux, à tout ce qu'ils pouvaient trouver pour lutter pour leur vie, au milieu de personnes en train de couler et de ceux qui étaient déjà morts" (Juan Matias, MSF)

Mercredi matin, des migrants ont lancé un appel au secours: leur bateau de pêche parti de Libye avec plus de 600 personnes à bord prenait l'eau, la salle des machines était inondée et l'embarcation était bloquée, à 15 milles au nord de la ville libyenne de Zouara, non loin de la frontière tunisienne.

Mobilisé par les gardes-côtes italiens, qui coordonnent les secours aux migrants au sud de l'Italie, le navire militaire irlandais Lé Niamh est arrivé vers 12H50 et a mis à l'eau deux canots pour s'approcher du bateau surchargé, qui s'est alors retourné, probablement sous l'effet d'un léger mouvement de foule.

 

L'équipe de MSF est arrivée à la rescousse. ©REUTERS

Mobilisée en même temps mais arrivée peu après parce qu'elle avait été chargée entre-temps de secourir 94 migrants en difficulté sur un canot, l'équipe du "Dignity 1" de Médecins sans frontières (MSF) a évoqué "une vision horrible".

"Des gens s'agrippaient désespérément à des gilets de sauvetages, à des bateaux, à tout ce qu'ils pouvaient trouver pour lutter pour leur vie, au milieu de personnes en train de couler et de ceux qui étaient déjà morts", a raconté Juan Matias, coordinateur de projet sur le "Dignity 1", selon un communiqué de MSF.

Une vaste opération de secours, impliquant sept navires, des hélicoptères et un drone, a permis de secourir près de 400 personnes, mais selon les témoignages et les estimations, il y avait jusqu'à 700 personnes à bord.

Opération de secours au départ du navire irlandais Lé Niamh. ©EPA

Les quelque 367 survivants sont attendus ce jeudi en début d'après-midi à Palerme, dans le nord-ouest de la Sicile.

• Les circonstances. Une grande proportion de migrants tentant la traversée de la Méditerranée ne savent pas nager, et des dizaines d'entre eux pourraient de plus avoir été bloqués dans la coque du bateau, qui a coulé très rapidement.

Malgré un important renforcement de l'opération européenne Triton, dont les moyens et les compétences sont désormais similaires à ceux de l'ancienne opération italienne Mare Nostrum, les conditions dans lesquelles les migrants tentent de traverser la Méditerranée rendent chaque voyage périlleux.

Alors que la barre des 200.000 arrivées par la mer, en Italie et en Grèce, devait être atteinte dans les prochains jours, celle des 2.000 morts et disparus en Méditerranée cette année avait été franchie pendant le week-end, selon l'Organisation internationale pour les migrations (OIM).

Ces derniers mois, les secours ont régulièrement découvert sur les embarcations de fortune les corps de migrants asphyxiés dans une cale, tués par les émanations d'essence, ou morts par déshydratation, même après moins de 24 heures en mer, parce que le mal de mer leur a fait vomir le peu d'eau qu'ils avaient pu boire.

• Ce nouveau naufrage pourrait être le pire depuis celui qui avait coûté la vie à quelque 800 personnes en avril. Là aussi, un chalutier surchargé avait coulé à l'arrivée d'un cargo portugais envoyé à son secours, du fait d'un petit mouvement de foule mais aussi des manoeuvres erronées du capitaine, qui a poussé l'embarcation à percuter plusieurs fois le cargo. Le drame avait eu lieu de nuit et il n'y avait eu que 28 survivants.


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