26 blessés dans la manifestation contre le gouvernement à Paris

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Les opposants au projet de loi travail, réunis pour une manifestation nationale ont défilé à Paris ce mardi. Pétards, fumigènes et klaxons sont de la partie, mais aussi blessés. Plusieurs centaines de personnes encagoulées ont jeté des projectiles sur les forces de l'ordre.

Alors que l'Euro de football met la France, pays organisateur, sous les feux des projecteurs médiatiques, des milliers de Français ont battu le pavé parisien pour marquer leur mécontentement face au projet de loi travail du gouvernement Hollande.

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De nombreux incidents ont éclaté à Paris lors de la manifestation, provoquant au moins 26 blessés côté manifestants et policiers, 15 interpellations et de nombreuses dégradations de commerces et agences bancaires.

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Une foule, dense, a pris le départ de la place d'Italie (XIIIe arrondissement) pour rejoindre les Invalides (VIIe), derrière une pancarte de tête proclamant "Pour le retrait. Pour de nouveaux droits". En tête du cortège, des drapeaux des syndicats CGT et Sud étaient omniprésents.

Devant le cortège aussi, des milliers des jeunes défilaient, certains casqués, encagoulés, masqués, criant "Paris, debout soulève toi". En face se tenaient des centaines de CRS, visières descendues, munis de boucliers.

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Peu après 14h30, on apprenait que plusieurs "centaines de personnes encagoulées" avaient jeté des projectiles sur les forces de l'ordre. Des "individus sont entrés sur un chantier pour prendre des palettes avant de les jeter sur les forces de l'ordre", qui ont dû intervenir, a expliqué une source proche de la police. Autour de Montparnasse, les dégâts étaient impressionnants: commerces, vitrines, restaurants étaient la cible de projectiles.

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"Ils font ça pour casser le mouvement", relevait un manifestant. "A qui profite la casse ?" demandait un autre, plusieurs participants au cortège incriminant la police qui "laisse faire".  "Le canon à eau a été utilisé" près de la station Duroc, a précisé la PP pour "permettre aux forces de l'ordre qui étaient prises à partie depuis plusieurs minutes de se dégager".

Dialogue social au point mort

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Pour cette grande démonstration de rejet du projet de loi de Myriam El Khomri, de nombreux provinciaux se sont joints aux protestataires de l'Ile-de-France. "Une manif à Paris contre la loi El Khomri ça valait le coup !", dit Joëlle, militante CGT venue spécialement de Bordeaux pour l'occasion. "C'est un gage de collectif, une démonstration de force très symbolique. Cette loi, surtout pas ! Mais s'ils changent l'article 2, là la discussion va s'ouvrir".

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"Pas d'essoufflement", "on maintient la pression": avant le départ du cortège les numéros un des syndicats en lutte contre le projet de loi ont une nouvelle fois manifesté leur détermination. "Notre détermination reste intacte. Il faut que le gouvernement arrête son obstination et écoute les revendications et ceux qui contestent le projet de loi"; Il "a une grande responsabilité dans ce qui se passe depuis trois mois et demi", a déclaré Philippe Martinez, leader de la CGT à la pointe de la contestation, au lendemain de l'arrivée au Sénat du projet de loi.

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Pour sa part Jean-Claude Mailly (FO) s'est interrogé sur "l'écoute" présumée de la ministre du Travail, Myriam El Khomri: "est-ce que c'est une amorce de dialogue ou de la comm' ? Je n'ai pas la réponse".

L'Euro comme vitrine médiatique

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Le mouvement social s'était durci il y a trois semaines avec le blocage de ports, de raffineries et de dépôts de carburants, poussant la France à puiser dans ses réserves stratégiques de pétrole. A l'approche de l'Euro, ces actions ont nui à l'image de la France et singulièrement au tourisme, secteur déjà plombé par les attentats de 2015.

Alourdissant le climat de contestation, les cheminots et les pilotes d'Air France ont ouvert il y a dix jours un autre front de grèves pour protester contre leurs conditions de travail.

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Selon un sondage publié dimanche, une courte majorité de Français (54%) désapprouve désormais la poursuite des grèves et manifestations. Il y a trois semaines, la même enquête avait donné un résultat exactement inverse.

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