4 ans de prison requis contre l'ex-président français Nicolas Sarkozy

Nicolas Sarkozy ©AFP

Quatre ans de prison ont été requis ce mardi contre l'ancien président français Nicolas Sarkozy dans une affaire de corruption et de trafic d'influence.

Le parquet national financier a requis ce mardi quatre ans de prison, dont deux avec sursis, à l'encontre de l'ancien président de la République Nicolas Sarkozy, jugé pour corruption et trafic d'influence, dans un procès inédit en France.

L'accusation a demandé les mêmes peines pour ses co-accusés, l'ancien haut magistrat Gilbert Azibert, ainsi que pour Thierry Herzog, avocat historique de M. Sarkozy, demandant pour ce dernier qu'elle soit assortie de cinq ans d'interdiction professionnelle.

"La République n'oublie pas ses présidents, ne serait-ce que parce qu'ils font l'Histoire. A l'inverse, on ne peut pas admettre d'un ancien président qu'il oublie la République et ce qu'elle porte depuis plusieurs décennies: un Etat de droit."
Procureur

"Les faits ne se seraient pas produits si un ancien président, avocat par ailleurs, avait gardé présent à l'esprit la grandeur, la responsabilité, et les devoirs de la charge qui fut la sienne", a lancé le procureur. "La République n'oublie pas ses présidents, ne serait-ce que parce qu'ils font l'Histoire. A l'inverse, on ne peut pas admettre d'un ancien président qu'il oublie la République et ce qu'elle porte depuis plusieurs décennies: un Etat de droit", a-t-il poursuivi.

Dénonçant les "effets dévastateurs de cette affaire qui vient cogner les valeurs de la République", le magistrat financier a estimé qu'elle avait "abîmé" l'institution judiciaire, la profession d'avocat et l'image présidentielle.

L'ancien président (2007-2012) est soupçonné d'avoir conclu un "pacte de corruption" en 2014, en obtenant des informations protégées par le secret, via son avocat Thierry Herzog, auprès du haut magistrat Gilbert Azibert, sur un pourvoi à la Cour de cassation. Ce dernier est aussi soupçonné d'avoir tenté d'influer sur la procédure, en échange de la promesse d'un "coup de pouce" pour un poste à Monaco - qu'il n'a finalement jamais eu.

S'appuyant sur des pièces du dossier projetées sur un écran de la salle d'audience, les procureurs financiers ont décrit un "entrisme au sein de la plus haute juridiction judiciaire" et une "dissimulation" par "l'utilisation de lignes téléphoniques occultes". Selon eux, Nicolas Sarkozy a bien obtenu, via son avocat, des informations couvertes par le secret auprès de Gilbert Azibert, au sujet d'une procédure à la Cour de cassation dans un autre dossier, l'affaire Bettencourt.

Les plaidoiries de la défense sont prévues mercredi et jeudi.

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