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40 milliards d'excédents, une dernière année faste pour le budget allemand

Angela Merkel lors du sommet de l'OTAN. ©Photo News

En 2020, l’Allemagne devrait encore connaître un excédent public, mais nettement plus modeste (4,5 milliards d’euros) avant de connaître deux années de déficits publics.

Selon le quotidien des affaires Handelsblatt, l’Etat Fédéral, les Länder et les communes devraient cumuler à la fin de l’année 39,5 milliards d’euros d’excédents budgétaires. Le chiffre figure, selon le quotidien, dans un document interne en vue d’une réunion de l’Etat avec les Länder mi-décembre. Les auteurs du document attendent pour les années à venir le retournement de situation déjà annoncé par le ministre des Finances Olaf Scholf pour qui l’Allemagne en a fini avec les années fastes.

Le SPD demande des "investissements massifs" dans les infrastructures et le climat.

En 2020, l’Allemagne devrait encore connaître un excédent public, mais nettement plus modeste (4,5 milliards d’euros) avant de connaître deux années de déficits publics (-6 milliards d’euros en 2020 et -1,5 milliard d’euros en 2022), du fait des projets d’investissements annoncés par la coalition, notamment dans le cadre du plan climat et du fait de l’abolition partielle annoncée de l’impôt solidarité pour financer la réunification. L’Allemagne avait enregistré en 2018 un excédent de 45,3 milliards d’euros des comptes publics.

La perspective d’un nouvel excédent budgétaire important pour 2019 va donner de nouveaux arguments à ceux qui, au sein du SPD, réclament une renégociation de l’accord de coalition. La direction bicéphale du parti élue samedi par les militants – Saskia Esken et Norbert Walter-Borjans – et qui sera entérinée lors du congrès de ce week-end, entend demander au parti chrétien démocrate d’Angela Merkel des "investissements massifs" dans les infrastructures et le climat, et une hausse du salaire minimum.

Si la chancelière s’est dite ouverte à des discussions, elle a pour l’heure catégoriquement refusé toute idée d’une "renégociation" de l’accord de coalition signé entre les deux partenaires en mars 2018.

La nouvelle direction du SPD ne parlent plus de "sortir de la coalition", ne remettent plus en question l’orthodoxie budgétaire et ont renoncé à présenter toute revendication chiffrée au partenaire chrétien-démocrate.

La nouvelle direction du SPD, connue pour son scepticisme à l’égard de l’alliance avec la CDU, a changé de ton depuis le vote des militants samedi dernier. Walter-Borjans et Esken ne parlent plus de "sortir de la coalition", ne remettent plus en question l’orthodoxie budgétaire et ont renoncé à présenter toute revendication chiffrée au partenaire chrétien-démocrate.

Dans un premier temps, ils avaient évoqué une taxe carbone à 40 euros la tonne au lieu des 10 euros décidés en septembre, un salaire minimum à 12 euros de l’heure (au lieu de 9,19 euros à compter de janvier; 8,84 euros aujourd’hui) et réclamé 500 milliards d’euros d’investissements publics. Ce rétro-pédalage est jugé décevant par l’aile gauche du SPD.

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